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L’ombre du mal - la critique

Un mal classique

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Note moyenne des internautes :

Un film propre sur lui, mais qu’on oubliera vite.

L’argument : Les cinq derniers jours romancés de la vie d’Edgar Allan Poe, lancé sur la piste d’un serial killer qui s’inspire des romans de l’auteur pour commettre ses crimes...

Notre avis : James McTeigue nous avait épaté avec son premier film en 2006 : V pour vendetta. Adaptation du roman graphique d’Alan Moore, V pour vendetta a placé James McTeigue dans la cour des grands. Puis en 2009, Ninja Assassin laisse les critiques et les spectateurs... perplexes. Ce film de kung-fu Ninja ultra violent et sanglant ne convainc pas vraiment. C’est donc avec une certaine fébrilité que ce 3e opus était attendu. Le sujet est en or pour le réalisateur : une fiction autour des derniers jours de la vie d’Edgar Allan Poe. On entre dans le film sur une scène violente, glaçante, totalement inspirée de l’univers littéraire sombre et tortueux d’Egar Allan Poe. Ces premières minutes laissent présager un film nerveux, dont la noirceur collera aux écrits de Poe. L’introduction n’est pas sans rappeler From Hell (Allen & Albert Hughes), une autre adaptation d’Alan Moore. Et puis... John Cusack campe un Poe intelligent, ambitieux, amoureux, mais rongé par ses démons "Cette mélancolie qui me suit comme un chien noir" dit-il désabusé de voir partir les femmes qu’il aime. Edgar Allan Poe a perdu sa femme Virginia et dans le film les scénaristes imaginent qu’Emily, son nouvel amour, est enlevée par un tueur sadique qui reproduit les meurtres de ses romans. La prestation de Luke Evans est très acceptable et celle de Brendan Gleeson le père d’Emily convaincante. En revanche, Alice Eve (Emily) est totalement transparente. Hélas, malgré ce sujet qui permettait toutes les audaces, un casting masculin compétent, James McTeigue ne renouvelle pas l’exploit de V pour vendetta et nous offre un film terriblement classique. La photographie est impeccable, mais très convenue. Le scénario s’étire et s’arrête sur des scènes gores (la scène du meurtre du critique est particulièrement insoutenable) dont on se serait volontiers passées. La psychologie, pourtant passionnante, des personnages (Poe et le tueur) est survolée au profit d’effets narratifs sans personnalité. Edgar Allan Poe était un personnage autrement plus complexe que ce que nous montre James McTeigue. Porté sur la boisson, certes (le film le présente surtout comme un alcoolique), mais également très lucide, supérieurement intelligent, dur, brillant, travailleur et arrogant. Ces traits de personnalités sont évoqués dans le film mais laissent assez rapidement la place à un Poe désemparé et presque pitoyable. Quant au tueur, ses motivations sont survolées. En résumé : L’ombre du mal est un film propre sur lui. On aurait aimé retrouver l’ironie mordante et le culot cinématographique de V pour vendetta. Il n’en est rien. Cela reste un film qu’on regarde avec plaisir mais qu’on oubliera rapidement.

Alexandrine Arnaud