Sortie du DVD : 5 juin 2012
Année de production : 1961
Année de sortie en Italie : 1964
Film fou, incohérent et hystérique, L’orgie des vampires est un objet filmique non identifié qui mérite son statut de film culte auprès des amateurs de cinéma bis. A découvrir ébahi.
L’argument : Le chef d’une troupe de théâtre récupère une très vieille salle de spectacle pour travailler sur sa nouvelle pièce. Dans ce vieux théâtre abandonné depuis longtemps, un vampire s’éveille et découvre que l’une des comédiennes de la troupe est la réincarnation de la femme qu’il a aimée jadis.
Notre avis : Réalisateur quelque peu oublié de nos jours, Renato Polselli (1922-2006) a pourtant tourné une vingtaine de longs-métrages des années 60 aux années 80 dans tous les genres populaires possibles, avec une prédilection pour un érotisme sadomasochiste qui le rapproche parfois de l’espagnol Jesus Franco. Alors qu’il vient tout juste de tourner un film de vampires intitulé L’amante del vampiro (1960), un admirateur fortuné lui propose de financer une seconde œuvre traitant du vampirisme. Ainsi débute la création de cette Orgie des vampires tournée en 1961, mais sortie seulement dans quelques salles italiennes en 1964. Il faut dire que le résultat final avait de quoi désappointer puisque le cinéaste n’a pas cru bon écrire une histoire cohérente et donne libre cours à ses fantasmes les plus fous sans se soucier le moins du monde de la crédibilité de l’ensemble.
En situant son intrigue dans un unique décor, celui d’un théâtre, Renato Polselli brouille volontairement les pistes entre rêve, fiction et réalité, tout en mêlant des influences diverses. Il cite pêle-mêle Le fantôme de l’opéra, mais aussi Le portrait de Dorian Gray, ainsi que les films gothiques de la Hammer. A cela, il ajoute une bonne dose d’érotisme essentiellement saphique. Cette présence massive de personnages féminins qui errent dans des couloirs déserts en petite nuisette plonge d’ailleurs le long-métrage dans le pur cinéma d’exploitation. On songe ainsi à de nombreuses reprises aux futures œuvres de Jesus Franco, ou encore à celles de Jean Rollin. Malgré un certain flottement dans la narration, un jeu d’acteur un peu trop outré et quelques passages qui laissent apparaître un manque flagrant de moyens, l’amateur de curiosité bis ne doit pas négliger ce film au charme certain.
Doté dans un premier temps d’une ambiance gothique du plus bel effet, L’orgie des vampires se transforme peu à peu en un film hystérique qui enchaîne les idées les plus folles sans jamais se soucier de la cohérence d’ensemble. Totalement médusé, le spectateur n’a que deux options qui s’offrent à lui : soit il rejette en bloc la proposition du cinéaste, soit il se prend au jeu d’un délire érotomane totalement déviant. C’est par la folie de sa mise en scène que L’orgie des vampires arrive à s’échapper des clichés que son scénario déverse par flots incessants. Dès lors, on comprend mieux le culte que lui réservent les fans de cinéma décalé depuis des décennies.
Le DVD :
Une édition perfectible sur le plan technique. Mais la rareté prime.
Les suppléments :
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Comme toujours chez Artus, Alain Petit revient en détail durant 25mn sur la création de cette œuvre rare. Il évoque avec passion et gourmandise les carrières des différents artistes et propose un éclairage pertinent allant au-delà de la simple érudition. Outre des bandes annonces, l’éditeur nous gratifie d’un superbe diaporama avec les affiches d’époque et les photos d’exploitation. On aime.
Image :
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Aucune restauration n’est visible sur ce master très abîmé. Entre des plans flous, des griffures et des scories qui défigurent l’image, le résultat n’est pas très beau à voir. C’est le prix à payer pour pouvoir visionner une œuvre aussi rare et au potentiel commercial proche du néant.
Son :
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Si la piste française est à éviter à tout prix (doublage exécrable et incomplet), la version originale italienne est plutôt de bonne qualité et permet une bonne appréhension de l’œuvre.
