La Californie

Ride du lion

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- Durée : 1h45mn

Un portrait sans complaisance porté par une actrice à fleur de peau.

L’argument : En Californie, le quartier bcbg de Cannes, Maguy (Nathalie Baye), écoule ses jours dans un ennui dissipé par le sexe et les virées en boîte de nuit avec son groupe d’amis, de gentils loosers vivant à ses crochets. Jusqu’au jour où sa fille Hélène (Ludivine Sagnier) refait surface dans cet univers à la superficialité torve...

Notre avis : Un an après Anne Villacèque [1], Jacques Fieschi dépeint une Riviera chic et toc, un miroir aux alouettes où se reflètent les derniers feux du cinéma des années 1950. Cet orfèvre de l’écriture, scénariste de Sautet, Nicole Garcia et Granier-Deferre, livre le portrait déglingué de Maguy (Nathalie Baye), une femme pétulante et dramatique, oscillant entre La chatte sur un toit brûlant - scènes de lit avec nuisette à la clé -, et la Danielle Darrieux de la grande époque. Un mélange pour le moins étrange mais que l’élégance de la mise en scène fait avaler. Le scope enrobe La Californie du ruban épais du cinéma, remisant les invraisemblances du scénario au second plan. Pourtant, la pilule pourrait être dure à avaler tant Fieschi multiplie dans la même intrigue des univers hétérogènes. Sur une Côte d’Azur pépère pour retraités nantis, l’ex-Yougoslavie s’invite au buffet de l’Europe (Roschdy Zem et Rasha Bukvic en rescapés des conflits balkaniques) tandis que les retrouvailles mère-fille (Nathalie Baye et Ludivine Sagnier dont la justesse de ton distille des dialogues parfois forcés) ramène le film sur les rivages d’un cinéma à la psychologie sigillée.
Rousse, la clope au bec, Maguy a créé autour d’elle un cocon d’affection. Sa garde rapprochée est le prétexte à une description bien sentie de seconds rôles cousus main. En tête : Katia (Mylène Demongeot), une ancienne bombe sexuelle décatie et fortement alcoolisée. La délicatesse d’écriture de Fieschi soufflette les personnages féminins. Toutes se prennent leur retour d’âge en pleine figure. Une cruauté qui fait le prix du scénario. La ride du lion y devient moins un flétrissement de chair qu’un espace créatif où les comédiennes déploient tout leur art.

Baptiste Drake

[1] Riviera



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