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La captive aux yeux clairs - la critique

Sous le vaste ciel

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Note moyenne des internautes :

- Reprise en salle : le 31 août 2011

Epopée poétique bourrée d’humour, conte initiatique animé du souffle authentique de l’aventure : ce western magique procure un émerveillement qui ne s’arrête pas à la fin de la projection. Le plus beau Hawks.

L’argument : Missouri, 1832. Jim Deakins se lie d’amitié avec Boone Caudell. En compagnie de l’oncle de ce dernier, ils se joignent à une expédition de trappeurs vers le Haut Missouri chez les Indiens Pieds-Noirs. Teal Eye, princesse indienne (Gazelle dans la version française), est présente à bord du bateau, le Mandan, afin de rejoindre son peuple tout en facilitant les échanges commerciaux. Une rivalité amoureuse s’installe entre les deux hommes.

Notre avis : Quatre ans après le superbe Red River, Hawks revient au western, mais dans une veine plus intimiste, presque modeste : pas de grandes stars mais une troupe d’acteurs en parfaite symbiose avec le cinéaste ; pas de couleur mais une magnifique photo noir et blanc de Russel Harlan qui célèbre la majesté des paysages du Wyoming ; et une feinte nonchalance dans la conduite d’un récit épousant le rythme de la longue expédition de plusieurs mois qui constitue la trame de The big sky.
De fulgurants éclairs de violence (la flèche qui se plante dans le cou d’un membre de l’équipage, dansant lors d’une escale transformée en fête improvisée) lézardent ça et là une action à la respiration ample, animée de l’esprit du conte et du souffle de l’aventure. L’humour aussi y occupe une place prépondérante. La scène hilarante où Jim Deakins (Kirk Douglas) cherche dans l’herbe son petit doigt amputé après une opération chirurgicale effectuée dans l’euphorie et à grand renfort d’alcool est un grand morceau d’anthologie.

Mais la profondeur est partout présente, indissociable d’une légèreté jamais démentie : rarement on aura assisté à une histoire d’amitié-rivalité aussi belle et subtile que celle qui s’instaure entre les deux hommes dans les premières scènes. Et l’histoire l’amour est traitée comme processus de passage à l’âge adulte où la femme (la rayonnante Elisabeth Threatt) soumet l’homme (Dewey Martin) à une série d’épreuves à caractère initiatique : ne sacrifie t-elle pas deux bouteilles de whisky en trois jours pour désinfecter cruellement la plaie qu’elle lui a elle même infligée.
Autour de ces trois protagonistes s’agite une troupe d’acteurs qui crèvent l’écran, de Arthur Hunnicutt, dans le le rôle truculent de l’oncle Zeb, à Hank Worden, dans celui de "Poor Devil", l’indien demeuré, en passant par l’équipage francophone du bateau (Ils s’appellent Labadie ou Jourdonnais et ont parfois des accents impossibles). Ils donnent vie et couleurs à la remontée mouvementée du Missouri vers le territoire sauvage des Pieds-Noirs dont l’apparition soudaine est un des superbes moments de surprise poétique que ménage le film : un beau matin, ils sont là.
Une authentique poésie imprègne aussi plusieurs scènes apaisées et magiques comme celle, présente uniquement dans la version longue, où les deux amis, étendus pour la nuit dans une clairière, devisent en contemplant le ciel étoilé, ou dans cette autre qui donne au film son titre original : traversant une zone infestée d’énormes moustiques (mais plus tard ils en verront de plus gros encore leur prédit l’oncle) les voyageurs se livrent à des considérations émerveillées sur l’immensité du monde qu’ils découvrent (seul le ciel est plus vaste) et sur la place de toute chose, moustiques compris, dans l’univers.

Le même émerveillement s’empare du spectateur dès les premières minutes de The big sky pour ne plus le quitter pendant les deux heures (et quart pour la version longue) de projection, et au delà, car voilà bien un film qui ne vous quitte plus.

Claude Rieffel


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Les avis des internautes

 

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