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Durée : 1h48mn
Titre original : Cat on a hot tin roof
Les tourments de Tennessee Williams ont une fois de plus permis à Hollywood d’accoucher d’un chef d’oeuvre. A la fois glaçant et enthousiasmant.
L’argument : Après le suicide de son meilleur ami, Brick se réfugie dans l’alcool et s’éloigne de sa femme, Maggie, qu’il soupconne d’être la cause du drame.
Notre avis : Tennessee Williams remporte un énorme succès en 1955 avec sa pièce La chatte sur un toit brûlant dirigée par Elia Kazan. Etant donné que les deux hommes ont déjà collaboré aux adaptations cinéma d’Un tramway nommé désir (1951) et Baby Doll (1956), on pouvait s’attendre à une troisième incursion du cinéaste grec dans l’univers torturé du dramaturge. Pourtant, suite à des désaccords artistiques, la nouvelle production lancée par MGM se retrouve dans les mains de Richard Brooks, surtout connu pour ses films sociaux (Graine de violence ou même La dernière chasse). Un choix judicieux qui s’additionne à un casting quatre étoiles : Elisabeth Taylor, Paul Newman et surtout l’impressionnant Burt Ives, déjà présent sur scène dans le rôle de Big Daddy.
Profondément déçu du résultat final, Tennessee Williams n’a jamais pardonné à Hollywood d’avoir édulcoré sa pièce en éliminant toute référence à l’homosexualité du personnage de Paul Newman. Il faut dire que le Code de censure alors en vigueur était très strict à ce sujet. A y regarder de plus près aujourd’hui, on se rend compte que cet élément sans cesse évoqué par des dialogues allusifs demeure présent à l’esprit du spectateur. Comment expliquer cette amitié virile faisant souffrir le personnage par-delà les années, l’empêchant même d’aimer sa femme avec qui il a passé un contrat, si ce n’est par l’homosexualité du protagoniste ? De toute façon, le long-métrage de Richard Brooks va bien au-delà de ce thème et nous propose une immersion totale dans les problèmes d’une famille très ordinaire. Entre la rapacité des uns venus chercher leur part d’héritage, l’hypocrisie des autres et la présence imposante d’un patriarche tout-puissant, le cinéaste dresse un état des lieux peu reluisant de la famille américaine. Derrière les sourires de circonstance se dissimulent des blessures et des douleurs qui empêchent les êtres d’avancer ou même de se réaliser eux-mêmes. C’est avec un grand sens de la psychologie que Tennessee Williams nous convie à ce lavage de linge sale, particulièrement savoureux.
Richard Brooks, grâce à une parfaite maîtrise de la mise en scène, nous passionne de bout en bout pour ce huis-clos fièvreux où les douleurs de chacun vont finir par s’exprimer. Alors que le duo Newman / Taylor joue judicieusement la carte de la retenue, le couple formé par Jack Carson et Madeleine Sherwood s’engouffre avec délice dans la caricature incisive de l’Américain moyen, insupportable de mièvrerie et de fausseté. Avec plus de neuf millions de dollars (de l’époque) de recettes, La chatte sur un toit brûlant fut un véritable triomphe, devenant l’un des plus gros succès de la firme au lion depuis sa création. Normal au vu du chef d’œuvre d’équilibre que représente cette adaptation pourtant infidèle.
Par JIPI
Aujourd’hui c’est jour de lessive dans ce domaine cossu ou sur fond de cœurs asséchés jalousies, mensonges, frustrations et dissimulations vont s’affronter par l’intermédiaire d’une famille en décrépitude sous les yeux d’une marmaille criarde et provocatrice. Maggie la chatte curieusement embellie par l’abandon lutte pour reconquérir un mari homosexuel refoulé, au tiers de sa capacité physique, imbibé par le contenu d’un verre constamment reconstitué. Aucune descendance ne pointe à l’horizon dans un contexte ou implorations et (...)