![]()
Durée : 1h36mn
Titre original : Stagecoach
Sortie du DVD : 8 septembre 2009
Ce grand classique du western américain mérite amplement son statut grâce à une écriture brillante et une réalisation très inspirée.
L’argument : Au cœur du territoire apache, une diligence se dirige vers Lordburg. A son bord : un médecin, un représentant, un joueur professionnel, une prostituée, l’épouse d’un officier de cavalerie et un shérif. Ils sont bientôt rejoints par Ringo Kid, célèbre hors la loi, pour un voyage riche en émotions.
Notre avis : Genre à la fois populaire et prestigieux dans les années 20, le western devient au cours de la décennie suivante un pur produit de série B qui n’est plus pris au sérieux. Du coup, certains acteurs, comme John Wayne, ont arpenté les studios dans des premiers rôles sans importance pendant une dizaine d’années (alors que celui-ci avait connu le succès au début des années 30 dans La piste des géants de Raoul Walsh). Même un réalisateur aussi respecté que John Ford en vient à délaisser son genre de prédilection. Il faut donc attendre l’année 1939 pour que différents studios se décident à miser gros sur les aventuriers de l’Ouest sauvage. Aussitôt, Ford saisit l’occasion qui lui est offerte par la RKO et met en chantier ce Stagecoach qu’il propose à John Wayne, alors sous contrat avec la Republic. Il a fallu de longues tractations pour que le petit studio accepte de louer sa « star » à la RKO. Autant dire que les deux hommes ont fait la plus belle affaire de leur vie puisque La chevauchée fantastique s’est placée à sa sortie directement numéro 1 du box-office, confirmant le statut privilégié du réalisateur et faisant de John Wayne une star incontournable.
Au vu du résultat, on peut aisément comprendre l’engouement du public pour ce western, certes classique, mais bien souvent passionnant. Tout d’abord, le scénario, très bien écrit, nous met en présence d’archétypes classiques tels que la prostituée au grand cœur, le banquier véreux, le joueur invétéré ou encore le « héros », mauvais garçon qui se rachète une conduite par ses actes de bravoure. Autant de clichés qui, pourtant, fonctionnent parfaitement grâce à la volonté de Ford de les humaniser - les dialogues, savoureux, y sont d’ailleurs pour beaucoup. Critiquant avec hargne une société américaine gangrénée par les préjugés, le réalisateur se place d’emblée du côté des exclus (comme il le fera de plus en plus dans ses œuvres postérieures, effaçant ainsi bon nombre de ses positions réactionnaires passées). Grâce à une psychologie plus fouillée que d’ordinaire, La chevauchée fantastique joue sur l’identification du spectateur avec des personnages fort sympathiques. Dès lors, lorsque les éclats de violence se déchainent dans la dernière demi-heure, on reste scotché à son siège. Il faut dire que Ford fait montre d’un talent fou pour filmer la charge des Indiens, morceau de bravoure qui dure une quinzaine de minutes. A l’aide de mouvements de caméra complexes, il nous plonge au cœur de la tourmente et signe des plans qui font encore référence aujourd’hui. D’une efficacité à toute épreuve, Stagecoach n’est peut-être pas le meilleur film de son prolifique auteur, mais il se place en tout cas très haut dans nos cœurs.
Le DVD

Un grand classique du western qui aurait mérité plus d’égards.
Les suppléments
![]()
Pas la moindre trace de bonus.
Image
![]()
Alors que les titres les plus obscurs de la collection RKO bénéficient souvent de masters très propres, ce grand classique attendu par beaucoup de fans de western doit se contenter d’une image très abîmée. Entre un grain persistant, des griffures et autres rayures qui parsèment l’écran et des contrastes pas toujours bien gérés, on se demande bien si restauration il y a eu.
Son
![]()
C’est finalement le son, avec toutefois un certain souffle présent, qui s’en tire le mieux. Pas de quoi crier victoire pour autant.