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La cité de la violence - la critique

L’Etrange Festival 2010

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- Durée : 1h40mn
- Titre original : Città violenta
- Sortie française : 16 octobre 1970

Un énième polar avec Charles Bronson qui sort toutefois du lot grâce à une mise en scène efficace de Sergio Sollima et à une ambiguïté psychologique plus poussée qu’à l’ordinaire.

L’argument : Jeff Heston est un tueur à gages qui ne rate jamais son coup. Un jour, tandis qu’il se promène en voiture avec sa compagne Vanessa, il est poursuivi par un groupe de bandits. Blessé, Jeff se retrouve en prison. A sa sortie, il n’a qu’une idée en tête, se venger du gang et retrouver Vanessa.

Notre avis : Après le formidable succès des Douze salopards (1967), Charles Bronson entame une nouvelle carrière en tant que star d’envergure internationale dans des productions française, anglaise ou encore italienne. Il y reprend à chaque fois le même rôle de tueur insensible et implacable au grand dam des critiques, mais en satisfaisant les attentes d’un public friand d’aventures policières violentes. C’est dans ce sillage que se situe cette Cité de la violence (1970), réalisée par un Sergio Sollima toujours inspiré. Le film policier transalpin connaît au début des années 70 une sacrée embellie dont profite largement Bronson qui s’en sert pour donner des rôles de premier plan à son épouse Jill Ireland. Figure centrale de ce nouveau polar, elle se révèle un peu frèle pour apporter toute l’ambiguïté nécessaire à cette mante religieuse prise au piège de ses sentiments et de sa propre machination. D’une grande sobriété et d’un mutisme salvateur, Charles Bronson arrive quant à lui à nous faire partager tous les doutes d’un homme trahi par l’amour de sa vie.
On retrouve d’ailleurs ici un des thèmes classiques du cinéma de Sollima, à savoir la trahison d’êtres proches et l’ambiguïté des rapports humains. Redéfinissant sans cesse la frontière entre l’ami et l’ennemi, le cinéaste brouille les repères psychologiques et hisse son métrage au niveau du mélodrame dans une dernière séquence aussi grandiloquente que bouleversante. Aidé par un imparable thème musical composé par le fidèle Ennio Morricone et par une réalisation fluide et maîtrisée, La cité de la violence reste intéressant de bout en bout malgré une légère chute de rythme à mi-parcours. Sans être un chef d’oeuvre, ni même un incontournable du genre, ce polar demeure aujourd’hui encore d’une belle efficacité grâce à quelques scènes d’action enthousiasmantes et à un retournement de situation plutôt inattendu. Du bon boulot, en somme.

Virgile Dumez

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