A ceux qui penseraient que la BD jeunesse ou de fantasy laisse à désirer, Gargouilles oppose un joli démenti.
Difficile de résumer l’histoire de Gargouilles ! La base paraît simple, avec le jeune Grégoire qui découvre par hasard un passage vers le XVIIe siècle où il retrouve ses connaissances sous les mêmes traits mais avec trois siècles de différence dans les caractères ; avec une foule de créatures magiques en lutte conte les horribles Gobols et leur maléfique maîtresse (qui n’est autre que tante Aglaé !) ; avec ce bracelet magique offert à Grégoire par ces malicieux lutins et qui lui propose des formules magiques dans les cas de besoin ; avec ce chat-muse qui n’en fait qu’à sa tête et se fait capturer par ceux qui veulent libérer le mage noir ; avec la cousine Edna, bien contente de découvrir Grégoire, elle qui se croyait seule magicienne, et tant pis s’ils sont chacun dans un des camps en guerre ; avec cette clé enchantée indispensable pour l’apprentissage du rôle de mage...
Vous vous êtes perdus en cours de route ? C’est normal. Car Gargouilles a beau partir sur une base classique, son développement qui mêle savamment péripéties et rebondissements, construit peu à peu une jolie complexité, un scénario touffu où chaque élément trouve sa place et où peu de choses sont laissées au hasard. Le ton plutôt humoristique du premier volume cède ici assez largement la place à l’aventure, tantôt bon enfant, tantôt sérieuse. Et il s’agit là encore d’une force, car on sent toujours la conviction (et l’amusement, sans doute !) de Filippi.
Ceux - nombreux ! - qui sont restés bouche bée devant la beauté du dessin du tome 1, seront peut-être un peu déçus. Le dessin de Camboni et les couleurs de Moulart sont en effet réussis, mais ils ne parviennent cependant pas à soutenir la comparaison avec le dessin d’Etienne. Traits des personnages, jeux de lumière, textures, tout cela était sublime... ce n’est plus que beau.
Gargouilles est joli. Gentil mais sans mièvrerie. Bien construit et d’une agréable complexité. Il se lit avec une âme d’enfant, et les yeux pétillants.