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La colline des bottes / Trinita va tout casser - la critique

Des chercheurs d’or sans concession

- Durée : 1h40mn
- Titre original : La collina degli stivali
- Titres français alternatifs : Trinita va tout casser ; Griffe pour griffe ; L’or de Liberty ville
- Sortie française : 7 août 1970

Ce faux Trinita recycle toutes les figures imposées du western spaghetti avec un certain savoir-faire. Un divertissement qui vaut mieux que sa réputation de navet, sans pour autant nous transporter totalement.

L’argument : Cat Stevens se réfugie dans un cirque pour échapper à des ennemis qui cherchent à lui dérober ses titres de possession d’une concession minière. Quand l’un des membres du cirque est assassiné, Cat Stevens décide de retrouver son ancien complice Hutch Bessy afin de se venger.

Notre avis : Attention, ne vous laissez pas prendre au jeu de distributeurs français peu scrupuleux : effectivement, vous aurez la douloureuse impression de vous être fait avoir si vous attendez avec impatience la venue de Trinita et de son humour décalé. Tourné avant le premier de la série (On l’appelle Trinita d’E.B. Clucher, 1970), cette Colline des bottes, traduction littérale du titre italien, est un western spaghetti tout ce qu’il y a de plus sérieux mettant en scène pour la troisième fois Terence Hill et Bud Spencer dans les rôles de Cat Stevens et Hutch Bessy. Loin d’être une déclinaison de Trinita, cet opus est en fait le troisième épisode de la trilogie de Giuseppe Colizzi débutée avec Dieu pardonne... moi pas ! (1967) et Les 4 de l’Ave Maria (1968). Vous suivez toujours...
Visiblement admiratif du travail de Sergio Leone, Colizzi réutilise la construction narrative complexe d’Il était une fois dans l’Ouest (1968) en filmant pendant une demi-heure hallucinante une traque dont on ne comprend ni les tenants, ni les aboutissants. Le spectacle, souvent jubilatoire, ne nous tient en haleine que par le brio de la réalisation. Le cinéaste se donne d’ailleurs beaucoup de peines en multipliant les travellings compliqués, les angles tarabiscotés, les gros plans indistincts, les flous artistiques, ainsi que quelques zooms disgracieux et malvenus. Si tout n’est pas du meilleur goût (la séquence générique où les cow-boys dansent comme des folles est plutôt bizarre), l’ensemble respire un amour du genre qui fait plaisir à voir. D’autant que l’action est soutenue par une ambiance étrange, renforcée par l’intrusion de ce cirque itinérant donnant l’occasion à Carlo Rustichelli de rendre hommage à Nino Rota à travers sa musique très entraînante.
L’intrigue, basique et recyclant des figures traditionnelles du genre, permet de stigmatiser l’attitude de quelques notables qui parviennent à posséder une région entière par la violence. Ce sous-texte politique est d’autant plus important que la fin encourage les exploités du monde entier à se soulever contre les tyrans. On peut toutefois regretter un total manque de finesse dans l’exposition de ce message, ainsi qu’une tendance à évoluer vers une forme d’humour qui deviendra par la suite la marque de fabrique du duo (voir le combat final dans le saloon, à coups de baffes). La colline des bottes (1969) permet toutefois de passer un agréable moment en compagnie d’acteurs toujours aussi sympathiques, secondés par l’imposant Woody Strode.

Virgile Dumez

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