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La décade prodigieuse - la critique + le test DVD

La débandade prodigieuse

Note moyenne des internautes :

- Durée : 1h41mn
- Sortie du DVD : 2 juin 2010

De grands acteurs, un metteur en scène chevronné et une histoire singulière pour un film qui ne tient aucune de ses promesses.

L’argument : Dans une grande demeure, le maître de maison tyrannise sa femme et son fils adoptif, par ailleurs l’amant de cette dernière. L’arrivée du professeur de philosophie du fiston provoque un drame.


Notre avis : Claude Chabrol, dans un livre d’entretien passionnant qu’il a accordé à François Guérif publié en 1999 [1], est le premier à avouer qu’il a complètement raté cette Décade prodigieuse. Parfois sévère avec lui-même et son œuvre, force est d’admettre qu’on ne pourra malheureusement pas le contredire ici. Car le film en question fait partie de cette catégorie d’œuvres ambitieuses et prétentieuses qui enchaînent les faux pas et les mauvaises idées.
Tout d’abord, le fait de mélanger des acteurs anglo-saxons avec des comédiens français ne permet pas de donner une homogénéité à l’interprétation. Anthony Perkins semble échappé de l’asile où on a depuis longtemps enfermé Norman Bates [2], Orson Welles rejoue sa partition de l’ogre dévorant son entourage, tandis que Marlène Jobert a bien du mal à faire exister son personnage au milieu de tels monstres sacrés. Piccoli, quant à lui, traverse le film en ayant l’air de s’ennuyer ferme.

Il faut dire que le scénario est particulièrement mal agencé et que les choix du metteur en scène sont tous plus discutables les uns que les autres. Les décors mélangent tous les styles, les costumes sont souvent ridicules (les tenues des années 20 ne conviennent vraiment pas à Anthony Perkins, fort drôle involontairement). La musique et les situations sont souvent emphatiques et incongrues. Enfin, Chabrol parvient à tourner quelques plans intéressants, entrecoupés de zooms disgracieux qui font injure à son savoir-faire habituel. On s’ennuie très rapidement de ce chassé-croisé entre personnages insipides dont le destin ne nous intéresse pas le moins du monde. Cette œuvre mineure rejoint donc la liste des navets du cinéaste, ce qui est fort dommage au vu du sujet d’origine.


Le DVD

Cette réédition n’a visiblement pas bénéficié d’une remasterisation de qualité. Très décevant.

Les suppléments

Comme sur les autres galettes de la collection Chabrol, le journaliste Yves Alion s’adonne avec bonheur à la présentation du film durant sept minutes passionnantes, même si l’on n’adhère pas forcément à son parti-pris positif envers cet opus chabrolien. Cette mise en bouche est encore une fois frustrante et ne nous laisse comme plat de résistance que la bande-annonce d’époque.

Image

On n’est pas très loin du rendu d’une simple VHS tant la copie souffre de multiples défauts. Mal contrastée, parsemée de points blancs et autres impuretés, l’image proposée ici est trop souvent floue, donnant l’impression d’avoir été tirée d’une copie internet vue sur YouTube. Le résultat final est donc vraiment peu agréable à regarder.

Son

Sans faire d’éclat, la piste française en mono remplit son office avec une certaine élégance. Pas de quoi pavoiser non plus !

Virgile Dumez

[1] Conversations avec Claude Chabrol, éd. Denoël

[2] Pour ceux qui ont besoin de se rafraîchir la mémoire, Norman Bates est le héros de Psychose d’Hitchcock

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Les avis des internautes

 

> La décade prodigieuse

Par Norman06

Grand cinéaste, Claude Chabrol s’est aussi compromis dans des naufrages sans appel, à l’instar de ce récit faussement wellesien pourtant alléchant sur le papier. On pourra toutefois y jeter un œil pour les acteurs : Orson himself, mais aussi Anthony Perkins (encore marqué par Norman Bates), Piccoli (alors à son sommet) et la délicate Marlène Jobert.

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