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La ferme de la terreur

Massacre à la moissonneuse-batteuse

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- Durée : 1h40mn
- Titre original : Deadly blessing
- Année de production : 1981

A la lisière entre film d’auteur et d’horreur, ce métrage de Wes Craven déçoit sur les deux plans par son incapacité à créer une tension soutenue.

L’argument : A la suite de la morte suspecte de son mari, Martha Schmidt devient témoin de phénomènes de plus en plus inexpliqués et effrayants. Il est vrai qu’à proximité de chez elle s’est installée une étrange communauté religieuse : les Hittites. Ces derniers vivent en autarcie et refusent toute technologie moderne car ils y voient à la place des manifestations du Démon.

Notre avis : Après avoir signé deux films chocs majeurs des années 70 (La dernière maison sur la gauche et La colline a des yeux), ainsi qu’un obscur téléfilm aux qualités contestables (L’été de la peur), le cinéaste Wes Craven retourne dans le giron d’un cinéma horrifique plus consensuel et traditionnel. Depuis toujours préoccupé par l’intégrisme religieux, notamment à cause d’une enfance passée à l’écart de toute civilisation dans une communauté baptiste radicale, l’auteur règle clairement ses comptes dans cette Ferme de la terreur dont on préfèrera retenir le titre original Deadly blessing ou « bénédiction mortelle ». Cette juxtaposition de deux mots qui n’entretiennent à priori aucun rapport entre eux est l’illustration la plus juste du propos de Craven. Dénonçant l’intégrisme d’une secte nommée les Hittites, il signe une œuvre hautement sacrilège où les adeptes les plus fervents de Dieu se trouvent être les vecteurs du Mal. Certes simpliste, le propos devance toutefois de quelques années la description des Amishs de Witness (Peter Weir, 1984) et permet de découvrir ces communautés qui refusent le progrès au nom de la religion.
Si la description de ce microcosme marqué par la consanguinité rejoint la thématique de La colline a des yeux, on regrette que l’auteur ait mis de l’eau dans son sang. Effectivement, si quelques scènes horrifiques parviennent à nous stresser (Sharon Stone déambulant dans la grange ou encore le serpent dans la baignoire nous donnent droit à quelques frissons), l’ensemble manque cruellement de nerfs et s’apparente davantage à un film d’auteur qu’à une œuvre respectueuse des conventions du genre. Au final, Wes Craven perd sur les deux tableaux : manquant de profondeur, son analyse de l’intégrisme se limite à quelques métaphores religieuses peu fines (Ah, le personnage qui se nomme Faith !), tandis que l’extrême lenteur et le peu de rebondissements nous plongent dans un ennui poli. Sans être un naufrage, La ferme de la terreur permet seulement de découvrir la sublime Sharon Stone à l’aube d’une grande carrière. Un peu léger pour un métrage au sujet si ambitieux.


Le DVD
Un inédit DVD satisfaisant sur le plan technique.

Les suppléments

Rien de bien intéressant à se mettre sous la dent à part un documentaire de vingt-cinq minutes peu passionnant sur le film d’horreur. Mal construit, trop évasif et finalement terriblement réducteur, l’ensemble n’est guère convaincant.

Image & son

Même si quelques plans présentent un grain un peu trop soutenu, les images sont globalement d’une bonne tenue et permettent de profiter du spectacle avec clarté et précision. Les versions française et originale en mono font bonne figure, avec une préférence pour le naturel de la seconde. Rien à redire de ce côté.

Virgile Dumez

Le choix du rédacteur


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