Accueil > Les réalisateurs > M > Martinelli, Renzo > La folie des hommes

La folie des hommes

Chronique d’un désastre annoncé

Acheter sur Priceminister

- Durée : 1h56mn
- Titre original : Vajont, la diga del disonore

Un film catastrophe européen tiré d’une histoire vraie qui fait froid dans le dos. Filmé sans génie, mais avec un certain sens de l’efficacité.

L’argument : En Italie, entre 1959 et 1963, guidés par des intérêts financiers, des ingénieurs qualifiés bravent tous les avertissements pour édifier le plus grand barrage du monde dans une vallée au sol friable. Petit à petit, la montagne voisine commence à bouger...

Notre avis : Le 9 octobre 1963, le barrage du Vajont, dans une vallée des Dolomites en Italie, est victime de l’éboulement du mont Toc, créant une vague meurtrière de plus de deux cent cinquante mètres. Celle-ci a rayé de la carte plus de six villages, entraînant la mort de plus de deux mille personnes en quelques minutes. Une enquête postérieure, menée par une journaliste engagée, a mis à jour la responsabilité des ingénieurs qui connaissaient le danger, mais qui ont préféré falsifier les rapports afin de pouvoir mener à bien leur projet titanesque.
Renzo Martinelli choisit en 2000 de revenir sur cette sombre affaire qui a traumatisé l’Italie des années soixante. Il met ici les responsables de la tragédie devant leurs responsabilités en montrant jusqu’où des gens intelligents peuvent aller afin de gagner un maximum d’argent. S’inspirant de tous les films catastrophe américains, le cinéaste arrive à créer une tension palpable durant toute la projection. Véritable chronique d’un désastre annoncé, La folie des hommes (2001) tire son efficacité de la véracité des faits contés, donnant froid dans le dos, d’autant que de telles pratiques sont encore utilisées de nos jours. Si l’ensemble se regarde avec plaisir, on peut tout de même regretter que la mise en scène soit si banale, s’appuyant seulement sur la force de son sujet et sur la jolie photographie de Blasco Giurato. Le métrage ressemble malheureusement un peu trop à un téléfilm de luxe, malgré son budget assez confortable et ses effets spéciaux plutôt réussis.
L’autre faiblesse de cette œuvre vient des impératifs de la coproduction européenne : des acteurs aux nationalités diverses sont obligés de se donner la réplique, affaiblissant leurs prestations respectives. Ainsi, on sent que Daniel Auteuil et Michel Serrault ne sont pas franchement à l’aise, livrant ici une prestation tout juste passable face aux acteurs italiens, bien plus crédibles. Pourtant, le naufrage de ce type d’entreprise a été évité et La folie des hommes, sans être un chef-d’œuvre ni même un film important, reste agréable à suivre de bout en bout, ce qui n’est déjà pas si mal.

Virgile Dumez




Les avis des internautes

Votre avis