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La grotte des rêves perdus - la critique

L’Herzog des cavernes

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- Durée : 1h30mn
- Titre original : Cave of forgotten dreams

Par Werner Herzog, un voyage fascinant doublé d’une expérience artistique extatique au cœur de la préhistoire, accompagné d’une 3D parmi les meilleures vues à l’écran depuis Avatar.

L’argument : C’est une grotte immense, protégée du monde depuis 20 000 ans parce que le plafond de son entrée s’est effondré. C’est un sanctuaire incrusté de cristaux et rempli de restes pétrifiés de mammifères géants de la période glaciaire. Pourtant, ce n’est pas le seul trésor que ce lieu unique au monde avait à nous offrir...
En 1994, au sud de la France, les scientifiques qui ont découvert la grotte sont tombés, ébahis, face à des centaines de peintures rupestres, des œuvres d’art spectaculaires réalisées il y a plus de 30 000 ans - presque deux fois plus vieilles que les peintures rupestres les plus anciennes découvertes jusqu’alors. Ces dessins, ces œuvres, ces témoignages exceptionnels ont été créés à l’époque où les hommes de Neandertal parcouraient encore la terre, en un temps où les ours des cavernes, les mammouths et les lions étaient les espèces dominantes sur notre continent. Depuis, seules quelques très rares personnes ont été autorisées à pénétrer dans la grotte, et ses chefs-d’œuvre sont restés à l’abri des regards - jusqu’à ce que Werner Herzog obtienne l’autorisation d’y réaliser un documentaire d’exception. Avec ses caméras 3D, Herzog a capté toute la beauté de ces merveilles dans l’un des sites les plus grandioses qui soit. Dans un saisissant voyage visuel, Herzog nous entraîne à à la rencontre de nos très lointains ancêtres, à la découverte de la naissance de l’art, de la symbolique puissante des lieux et des étranges personnes qui vivent aujourd’hui dans les environs.

Notre avis : Avec l’aval du ministère de la culture, pour lequel il a travaillé pour un euro symbolique, Werner Herzog a concrétisé le rêve de plus d’un cinéaste : planter sa caméra dans les cavités de la grotte de Chauvet, au cœur de l’un des vestiges paléontologiques les plus impressionnants jamais retrouvés, avec plus de 400 représentations d’animaux, datant d’environ 30.000 ans, soit des œuvres deux fois plus anciennes que celles de Lascaux. Un exploit dont peu ont pu profiter en vrai, pour des raisons de préservation du patrimoine.
Découverte en 1994 par Jean-Marie Chauvet, en compagnie d’Eliette Brunel et Christian Hillaire, "la grotte aux rêve perdus" dévoile un panel d’ossements (principalement ceux d’ours des cavernes) et d’œuvres d’art, réalisées au charbon de bois, le tout conservé à l’abri de l’air, des moisissures et de la pollution. A la suite d’un éboulement, tous ces trésors ont été enfouis et gardés en état au sein de la roche depuis plus de 20.000 ans... Dans ces conditions, nul, à l’exception de quelques scientifiques, a pu fouler ce sanctuaire inestimable.
Dans ce lieu oublié de la vie, jadis antre de mammifères à jamais éteints tel le rhinocéros laineux, ou une espèce de lion répandu sur nos terres, sur cette scène de pèlerinage artistique pour nos ancêtres, le recentrement de l’espèce humaine face à l’éternité de calcite est immédiat. L’Homme contemporain et ses velléités de consommation et d’exploitation paraissent bien vains face au sentiment de crainte primitive que véhicule les lieux.
Le pari d’Herzog, passionné depuis sa jeunesse par l’univers des cavernes, est donc de capter le passé, dans une forme de voyage sensoriel total, où la vue est sollicitée dans un univers ténébreux. Son choix d’un filmage en 3D permet des étincelles technologiques incroyables au cœur de ce réseau labyrinthique. La roche devient palpable et soumet son relief et ses courbes à nos yeux ébahis. On assiste à une exposition exaltante d’œuvres primitives, retrouvant la vie à la lumière de la caméra, mues par l’ingéniosité des premiers artistes qui jouaient de la forme des murs de pierre pour faire naître l’illusion du mouvement. Le temps de quelques prises incroyables, la caméra soudain devenue aérienne s’immisce là où personne n’a pu aller, scientifiques y compris, car fouler le sol à certains endroits aurait rompu le fragile équilibre de poussière des derniers ossements.
L’odorat est également mis à contribution, notamment grâce aux évocations d’un professionnel des fragrances. Ses mots font renaître les sensations les plus insensées de cet univers de cloisonnement. L’ouïe, aussi, est sollicitée ; nos oreilles peuvent se repaître d’un silence qui, dans un effet de miroir, nous replace seuls, face à nous-mêmes, quand la musique caverneuse qui accompagne les images s’estompe. A l’heure de la dictature du bruit, ces instants de recueillement uniques sont purement miraculeux.
Au gré des entretiens, de rencontres passionnantes avec des spécialistes qui ont vu et étudié les lieux, le spectateur se rend compte du privilège historique, esthétique et philosophique qu’on lui a octroyé. Peu de films proposent l’originalité exclusive, l’authenticité absolue, l’inédit et l’insolite. La grotte des rêves perdus combine tout cela à la fois, avec l’aide d’une 3D exceptionnelle, la meilleure vue à l’écran depuis Avatar, qui offre une incroyable valeur ajoutée. Loin d’être réduit à un vulgaire gadget sensationnel, le procédé devient un paramètre essentiel dans l’assimilation des lieux, déployant des profondeurs vertigineuses que le spectateur n’est pas prêt d’oublier.

Frédéric Mignard




Les avis des internautes

 

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Par jeffff

Dans « La Grotte des rêves perdus », Werner Herzog nous présente quelque unes des 420 figures qui furent découvertes, le 18 décembre 1994, par Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hillaire à Chauvet en Ardèche. Interdite au public, pour éviter les déboires de Lascaux, le site recèle le plus ancien ensemble de peintures pariétales (35 000 ans avant notre ère). Il émane de ces rhinocéros, lions et bisons, ..., figurés sur les parois, une saisissante beauté brute, une force jaillissante. L’utilisation du modelé de la roche et des contours de la pierre leur donne vie. Mais (...)

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La Grotte des rêves perdus Dans « La Grotte des rêves perdus », Werner Herzog nous présente quelque unes des 420 figures qui furent découvertes, le 18 décembre 1994, par Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hillaire à Chauvet en Ardèche. Interdite au public, pour éviter les déboires de Lascaux, le site recèle le plus ancien ensemble de peintures pariétales (35 000 ans avant notre ère). Il émane de ces rhinocéros, lions et bisons, ..., figurés sur les parois, une saisissante beauté brute, une force jaillissante. L’utilisation du modelé de la roche et des contours de la (...)

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Dans « La Grotte des rêves perdus », Werner Herzog nous présente quelque unes des 420 figures qui furent découvertes, le 18 décembre 1994, par Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hillaire à Chauvet en Ardèche. Interdite au public, pour éviter les déboires de Lascaux, le site recèle le plus ancien ensemble de peintures pariétales (35 000 ans avant notre ère). Il émane de ces rhinocéros, lions et bisons, ..., figurés sur les parois, une saisissante beauté brute, une force jaillissante. L’utilisation du modelé de la roche et des contours de la pierre leur donne vie. Mais (...)

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La Grotte des rêves perdus Dans « La Grotte des rêves perdus », Werner Herzog nous présente quelque unes des 420 figures qui furent découvertes, le 18 décembre 1994, par Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hillaire à Chauvet en Ardèche. Interdite au public, pour éviter les déboires de Lascaux, le site recèle le plus ancien ensemble de peintures pariétales (35 000 ans avant notre ère). Il émane de ces rhinocéros, lions et bisons, ..., figurés sur les parois, une saisissante beauté brute, une force jaillissante. L’utilisation du modelé de la roche et des contours de la (...)

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Par roger w

Un très beau voyage au coeur d’une grotte qui nous ramène à l’enfance de l’art. Ces peintures sont tout bonnement sublimes et nous tendent le miroir de nos origines. C’est beau et troublant à la fois. Un voyage à ne pas louper.

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Dans « La Grotte des rêves perdus », Werner Herzog nous présente quelque unes des 420 figures qui furent découvertes, le 18 décembre 1994, par Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hillaire à Chauvet en Ardèche. Interdite au public, pour éviter les déboires de Lascaux, le site recèle le plus ancien ensemble de peintures pariétales (35 000 ans avant notre ère).

Il émane de ces rhinocéros, lions et bisons, ..., figurés sur les parois, une saisissante beauté brute, une force jaillissante. L’utilisation du modelé de la roche et des contours de la pierre leur donne vie. Mais ce qui rend encore plus magistrale ici la représentation de ce bestiaire, c’est l’étonnante fraicheur du trait. Le recours à la technique de l’estompe et les effets de perspectives permettent une grande expressivité et une prodigieuse qualité narrative.

On pressent tout ce que l’émergence de cet art monumental a dû marquer de tournant dans la représentation du monde que se faisait ces hommes. Il y a probablement là le signe d’une invention majeure dans leur culture.

Le film s’attarde sur le panneau des Chevaux. Cette fresque, la plus magistrale du site, couvre sur plus de 6 mètres carrés une paroi sur laquelle ont été représentés des aurochs, des rhinocéros estompés et quatre majestueuses têtes de chevaux.

Le film nous guide dans cette traversée dans le temps à l’aide de nombreuses interviews de scientifiques qui balisent de leurs commentaires utiles la visite. Mais Werner Herzog ne s’en remet pas à la seule science pour nous décrypter le sens profond du site. Le réalisateur ne manque pas d’ailleurs de relativiser sa portée en soulignant les piètres capacités de lanceur de javelot d’un spécialiste, le discours précieux de la conservatrice ou les dangers que représente pour l’écosystème local la centrale nucléaire de Cruas-Meysse toute proche.

Ce beau documentaire nous invite à ressentir ce que les premiers vivants de notre espèce, les homos sapiens, ont pu éprouver et ont voulu exprimer. Mais cette quête semble veine car l’imaginaire de ces hommes préhistoriques nous apparait sans que nous puissions jamais répondre aux questions qu’elle appelle.

C’est donc finalement à une sorte de rêverie chamanique que nous incite ce film, à un songe à travers les cavités, une espèce d’hymne à la création dont est singulièrement capable l’espèce humaine.

La Grotte des rêves perdus
Réalisé par Werner Herzog
Avec Werner Herzog, Dominique Baffier, Jean Clottes
Long-métrage français, américain, britannique, canadien, allemand
Genre : Documentaire, Historique
Durée : 01h30 min
Année de production : 2010

http://www.jeanboye.fr/index.php?op...

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La Grotte des rêves perdus

Dans « La Grotte des rêves perdus », Werner Herzog nous présente quelque unes des 420 figures qui furent découvertes, le 18 décembre 1994, par Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hillaire à Chauvet en Ardèche. Interdite au public, pour éviter les déboires de Lascaux, le site recèle le plus ancien ensemble de peintures pariétales (35 000 ans avant notre ère).

Il émane de ces rhinocéros, lions et bisons, ..., figurés sur les parois, une saisissante beauté brute, une force jaillissante. L’utilisation du modelé de la roche et des contours de la pierre leur donne vie. Mais ce qui rend encore plus magistrale ici la représentation de ce bestiaire, c’est l’étonnante fraicheur du trait. Le recours à la technique de l’estompe et les effets de perspectives permettent une grande expressivité et une prodigieuse qualité narrative.

On pressent tout ce que l’émergence de cet art monumental a dû marquer de tournant dans la représentation du monde que se faisait ces hommes. Il y a probablement là le signe d’une invention majeure dans leur culture.

Le film s’attarde sur le panneau des Chevaux. Cette fresque, la plus magistrale du site, couvre sur plus de 6 mètres carrés une paroi sur laquelle ont été représentés des aurochs, des rhinocéros estompés et quatre majestueuses têtes de chevaux.

Le film nous guide dans cette traversée dans le temps à l’aide de nombreuses interviews de scientifiques qui balisent de leurs commentaires utiles la visite. Mais Werner Herzog ne s’en remet pas à la seule science pour nous décrypter le sens profond du site. Le réalisateur ne manque pas d’ailleurs de relativiser sa portée en soulignant les piètres capacités de lanceur de javelot d’un spécialiste, le discours précieux de la conservatrice ou les dangers que représente pour l’écosystème local la centrale nucléaire de Cruas-Meysse toute proche.

Ce beau documentaire nous invite à ressentir ce que les premiers vivants de notre espèce, les homos sapiens, ont pu éprouver et ont voulu exprimer. Mais cette quête semble veine car l’imaginaire de ces hommes préhistoriques nous apparait sans que nous puissions jamais répondre aux questions qu’elle appelle.

C’est donc finalement à une sorte de rêverie chamanique que nous incite ce film, à un songe à travers les cavités, une espèce d’hymne à la création dont est singulièrement capable l’espèce humaine.

La Grotte des rêves perdus
Réalisé par Werner Herzog
Avec Werner Herzog, Dominique Baffier, Jean Clottes
Long-métrage français, américain, britannique, canadien, allemand
Genre : Documentaire, Historique
Durée : 01h30 min
Année de production : 2010

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