Après un début intrigant qui rappelle l’atmosphère mystérieuse de La malédiction, le premier film de Mike Newell déçoit les attentes par un scénario inepte qui tourne inutilement en rond. Ennuyeux.
L’argument : Un archéologue découvre dans des fouilles en Egypte le tombeau de la Reine Kara entourée d’une réputation maudite.
Notre avis : Alors qu’il a dirigé pendant une quinzaine d’années un nombre impressionnant de téléfilms et de séries télévisées britanniques, le réalisateur Mike Newell fait ses premiers pas dans le cinéma commercial en 1980 avec cette Malédiction de la vallée des rois qui compte bien surfer sur la vogue du film horrifico-fantastique initiée par le triomphe de L’exorciste (William Friedkin, 1973). Ainsi, le cinéaste adapte une nouvelle de Bram Stoker intitulée Le joyau des sept étoiles, écrite en 1903 et racontant la possession de la jeune fille d’un archéologue par l’esprit démoniaque d’une reine de l’Egypte ancienne, une certaine Kara (inventée par Bram Stoker pour l’occasion). Avec un budget confortable et la présence d’une star au générique, le vieillissant Charlton Heston, Mike Newell pouvait également compter sur une équipe technique idéale pour l’épauler, notamment le génial Jack Cardiff à la photographie et Claude Bolling à la musique. De quoi faire de ce premier long-métrage une œuvre marquante à plus d’un titre.
Si la première partie qui se déroule en Egypte fait clairement illusion, on ne peut malheureusement pas en dire autant de la suite. Les premières séquences arrivent pourtant à retrouver le parfum et l’ambiance des vieux films d’horreur de la Universal avec tombeau pharaonique poussiéreux, découverte d’une momie inquiétante et atmosphère lourde chargée de symboles. Toutes les premières séquences s’inscrivent également dans la filiation du cinéma d’épouvante des années 70 comme la saga de La malédiction (Richard Donner, 1976). Le montage en parallèle de la découverte du tombeau et de la naissance précipitée de la fille de l’archéologue est un excellent exemple de l’efficacité immédiate du film, provoquant à la fois la suspicion et le malaise du spectateur.
Malheureusement, ces bonnes intentions de départ meurent avec la seconde partie (la plus longue) qui se déroule de nos jours en Angleterre. Esthétiquement moins aboutie, cette partie du long-métrage se révèle incapable de susciter le même mystère que le début égyptien. Effectivement, il ne fait absolument aucun doute pour le spectateur que la jeune fille soit possédée par l’esprit de la reine démoniaque. Malgré tout, Mike Newell tente de nous faire croire que tout ceci ne serait qu’un fantasme de la part d’un père obsédé par son métier et sa découverte. Mais cette ambiguïté que le cinéaste essaye de diffuser auprès du public est sans cesse contredite par des meurtres qui ne laissent aucun doute quant à leur origine surnaturelle. Dès lors, la révélation finale (Spoiler : la jeune fille est bien possédée par la reine) n’en est pas une. Elle ne fait que confirmer l’ineptie d’un script qui tourne en rond pendant plus d’une heure. L’ennui est donc de rigueur dans cet ersatz finalement très décevant de La malédiction.
Lors de sa sortie française en juillet 1980, le film n’a guère passionné les foules en cumulant sur Paris autour de 76 000 entrées en quinze jours. La chute vertigineuse de ses chiffres en deuxième semaine indiquant clairement un désaveu du public. On les comprend.
