Une entreprise de démolition de la saga qui plonge le spectateur dans une sourde torpeur.
L’argument : Damien Thorn, incarnation de l’Antéchrist, a désormais trente-deux ans et devient ambassadeur des Etats-Unis en Angleterre. Il complote afin d’établir son règne sur Terre, mais une confrérie de prêtres va tout faire pour l’en empêcher.
Notre avis : La grande déflagration attendue dans ce dernier épisode n’arrivera jamais : les scénaristes ont effectivement préféré nous conter la victoire définitive de Jésus sur le Mal plutôt que de nous montrer l’Apocalypse. Un choix peu judicieux, mais finalement assez logique quand on sait que cette saga a été initiée par des producteurs croyants voulant convaincre les masses que Dieu existe bel et bien. Pourtant, le spectateur amateur de simples films horrifiques se sentira floué par ce troisième opus, d’une indigence assez rare. La faute en revient à un scénario qui prend systématiquement la mauvaise direction : on décide de ne pas exploiter la situation de toute-puissance économique de Damien en tant que propriétaire d’une multinationale, retirant ainsi au film tout arrière-plan politique.
L’idée la plus stupide est celle de cette congrégation de prêtres kamikazes plus minables les uns que les autres, affrontant sans grande conviction l’Antéchrist lui-même. Sam Neill n’est d’ailleurs pas forcément un bon choix pour interpréter Damien, son visage n’inspirant guère la perfidie et le Mal absolu. Au final, on se retrouve devant un film où rien ne fonctionne vraiment, par manque de rythme. Les scènes bavardes succèdent à des séquences entières sans intérêt et même le spectateur le plus endurant se lassera de ces sempiternelles et pompeuses citations bibliques.
Et que dire de la fin du film, curieusement expédiée, faisant fi de toute crédibilité - ou comment une simple femme arrive à détruire le Diable en personne sans grand effort - et versant dans une religiosité de bas étage. Graham Baker, dont c’est le premier ouvrage, entamait ici sa longue carrière parsemée de navets comme Beowulf (1999). Il se révèle incapable de créer une atmosphère maléfique et passe lamentablement à côté de toutes les possibilités d’effrayer le spectateur.
Il a fallu attendre 1991 pour qu’un quatrième numéro soit tourné pour la télévision, mais cette Malédiction IV de Dominique Othenin-Girard et Jorge Montesi n’a plus aucun rapport avec les originaux et pâtit d’une réputation désastreuse. Une conclusion bien décevante pour une saga à peine regardable.
