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La martienne diabolique - la critique

L’amante religieuse

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Proche du théâtre filmé, cette incursion des britanniques dans la science-fiction bénéficie d’un certain savoir-faire technique qui compense, en partie seulement, les carences d’un script faiblard.

L’argument : Une martienne se pose sur Terre afin d’enlever des hommes et les utiliser pour repeupler la planète Mars qui se meurt…

Notre avis : Alors qu’il a été largement distancé par la production hollywoodienne durant les années 30, le cinéma britannique retrouve un peu de lustre dans les années 40 grâce aux films de Michael Powell et Emeric Pressburger. Toutefois, la production commerciale est encore confinée à la série B durant les années 50 où les cinéastes semblent à la remorque du cinéma américain. Alors que la mode est au film de science-fiction depuis le triomphe du Jour où la Terre s’arrêta (1951), les anglais se lancent aussi dans la confection de quelques produits destinés à concurrencer les Américains sur leur terrain. Parmi eux, le réalisateur David MacDonald (1904-1983), déjà remarqué pour avoir signé le premier western britannique Diamond City en 1950, se lance dans l’adaptation d’une pièce de théâtre de John C. Mather et James Eastwood qui traite de l’arrivée d’une Martienne dans une petite bourgade écossaise en vue de capturer des mâles qui permettront à son peuple de se reproduire à nouveau.
Dès le départ, le cinéaste se révèle incapable de se détacher de l’origine théâtrale de son intrigue en imposant un décor unique (l’intérieur d’une auberge) qu’il agrémente de temps à autre de quelques échappées dans une lande joliment reconstituée en studio. Pourtant, de la présentation des personnages aux rebondissements de l’histoire, tout respire le théâtre filmé dans ce long-métrage au rythme languissant. Toutefois, si l’on fait abstraction de l’idiotie manifeste du scénario, du ridicule des costumes et du robot en caoutchouc censé représenter la menace ultime, La martienne diabolique bénéficie d’une ambiance vaporeuse du meilleur effet.
Pas si éloigné des futures productions horrifiques de la Hammer, le film impose son atmosphère par une réalisation plutôt correcte, un casting de qualité et une jolie photographie. Mené par des actrices de charme dont la belle Patricia Laffan (célèbre pour sa prestation en Poppée dans Quo vadis en 1951), la pulpeuse Hazel Court (qui fera les beaux jours de la firme Hammer, avant de devenir une habituée des productions Roger Corman) ou encore Adrienne Corri, le long-métrage s’impose donc comme une série B sympathique, à défaut d’être foncièrement passionnante.

Le film est disponible en double programme chez Bach Films :

Virgile Dumez


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