La mort blanche – La critique BD

Le 18/06/2014

Résumé : 1916, lorsque Pietro retourne chez lui, dans les montagnes de Trentino, tout est désolation et désespoir. Enrôlé dans l’armée italienne, il craint, comme tous ces compagnons d’infortune, la mort blanche : ces avalanches dévastatrices qui ne laissent aucune chance à ceux qu’elle croise...

Notre avis : Écrit par Robbie Morrisson (The autority, Judge Dredd) et illustrée par le célèbre Charlie Adlard (Walking dead) en 1998, La mort blanche était indisponible depuis de nombreuses années en France. Cette nouvelle version éditée par Delcourt, entièrement remastérisée par des planches originales, est un petit bijou pour les yeux !

Évoquant la première guerre mondiale, les auteurs britanniques nous plongent non pas dans les tranchées de Verdun mais sur le front italien, à 2700 mètres d’altitude. Plutôt habitué de voir des témoignages se passant en France on découvre que l’horreur n’a pas de frontière. Lieu de cauchemars, cette guerre, censée être la Der des Ders, nous montre son lot de cadavres, de mutilations et d’exécutions.

Entièrement cernés par la neige, nous découvrons le personnage principale, Pietro, un italien. Ayant toujours vécu en Istrie, une province autrichienne, il est capturé au début de la guerre par l’ennemi. Enrôlé ensuite dans l’armée italienne suite à la conquête de la région par l’Italie, le voilà tiraillé entre deux feux : se battre pour sa patrie contre des hommes qu’il connaît, qu’il a côtoyé et aimé ! A travers ses yeux, nous découvrons également les absurdités des chaînes de commandement. Dirigés par une bande d’aristocrates loin du front, Pietro et ses camarades ne sont rien d’autres que de la vulgaire chair à canon !

Que dire sinon des illustrations mise à part qu’elle sont magnifiques ! Entièrement en noir et blanc, elles nous happent dans ce décor de froid et de mort. Loin du dessin de Walking dead, Charlie Adlard aime dire qu’il y a eu dans sa carrière un avant et après La mort Blanche. S’éloignant en effet du style dans lequel il est connu, il donne ici sans doute le meilleur de sa créativité !

Mort blanche, un terme utilisé pour décrire des avalanches dans les alpes est, d’après les mots de Morrisson, « une métaphore de la guerre : une force terrifiante et irrésistible qui emporte et détruit implacablement tout sur son passage ». Attendez vous donc à être saisi par ce bel hommage fait à ces hommes dont les noms nous sont inconnus mais dont la mémoire et le courage perdureront à jamais !

Maud Michel



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