Durée : 1h28mn
Titre original : The big street
Personnages détestables, scénario assez peu crédible, un mélodrame plus énervant que touchant.
L’argument : Pinks, jeune homme timide, est secrètement amoureux de Gloria une chanteuse de cabaret vénale qui ignore jusqu’à son existence. Lorsque Gloria est battue par son amant éconduit, Pinks prend, dans l’ombre, les frais de son rétablissement à sa charge...
Notre avis : Henry Fonda est déjà l’enfant chéri des Américains lorsqu’il accepte de tourner ce mélodrame en 1942. Il vient de remporter un succès phénoménal dans l’excellent Raisins de la colère (1940) de John Ford et il enchaîne les rôles de gentil garçon avec la régularité d’un métronome. Une fois de plus, Fonda incarne un jeune homme amoureux transi qui s’échine à faire le bonheur de sa belle. Son personnage, d’une naïveté confondante, est tout de même un rien énervant et finalement assez peu crédible, d’autant qu’il est tombé sous le charme d’une véritable harpie. Effectivement, le personnage interprété avec talent par Lucille Ball est à proprement parler une tête à claques, pourrie, gâtée et terriblement vénale. Incapable de s’ouvrir aux autres et à leur excessive générosité, cette Gloria est d’une arrogance telle que l’on ne s’apitoie jamais vraiment sur son sort, erreur fatale pour un mélodrame supposant de la part du spectateur un minimum d’empathie envers les protagonistes. Certes handicapée, Lucille Ball ne réussit qu’à nous irriter et à nous détacher à jamais du malheur de son personnage.
Irving Reis, artisan hollywoodien à la carrière anecdotique, n’arrive jamais à camoufler les ficelles d’un scénario totalement improbable : l’expédition en Floride, ainsi que les séquences de cambriolage manquent singulièrement de crédibilité. Il en est de même pour la grande fête finale, simulacre destiné à faire vivre à la belle son rêve de gloire totalement superficiel. Mélodrame convenu, daté et sans grand intérêt, La poupée brisée a le mérite d’être bien joué par un Henry Fonda impeccable et par Lucille Ball, starlette qui n’arriva jamais à percer au cinéma, mais qui prit sa revanche en devenant une star de la télévision américaine dans les années 50.
Le DVD
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Le(s) supplément(s) à ne pas rater : La traditionnelle introduction de Serge Bromberg permet de se renseigner sur les carrières d’Henry Fonda et sur le destin de Lucille Ball. Le journaliste parle moins du film lui-même et n’évoque jamais le metteur en scène, ce qui finalement est assez compréhensible vu le caractère anecdotique de l’œuvre en question.
Image & son : Les amateurs de La poupée brisée seront ravis d’apprendre que la copie est excellente, avec une compression de qualité et une belle définition de l’image. Le son en mono ne démérite pas, malgré quelques petits défauts ponctuels. A noter que le film n’est présenté qu’en version originale sous-titrée.