Année de production : 1941
Sortie du DVD : 17 janvier 2012
Maladroit, ennuyeux et ouvertement raciste, ce western n’a guère de qualités à faire valoir. Même la jeune Gene Tierney ne semble pas à son aise.
L’argument : Après la Guerre de Sécession, la jeune Belle épouse Sam Starr, chef d’un groupe de rebelles sudistes et devient la Reine des Rebelles. Belle quitte son mari devenu pilleur. Mais, lorsque Sam tombe dans une embuscade, celle-ci revient pour lui porter secours. Elle entrera dans la légende.
Notre avis : Alors que la superproduction de Darryl F. Zanuck Autant en emporte le vent (1939) vient tout juste d’exploser le box-office international, les producteurs cherchent à surfer sur la vague en mettant sur pied des œuvres qui lui ressemblent fortement. Doté de moyens conséquents et d’un tournage en Technicolor (ce qui en fait un des premiers westerns en couleur), La reine des rebelles (1941) appartient clairement à cette catégorie puisqu’il se situe à la toute fin de la guerre de Sécession et qu’il met en scène une héroïne qui prend parti pour le Sud. On y retrouve même ici l’incendie de la maison du personnage principal faisant écho à l’impressionnante scène de l’incendie d’Atlanta dans le chef d’œuvre de Victor Fleming. Toutefois, là où l’adaptation du roman de Margaret Mitchell arrivait à se hisser à des sommets d’émotion grâce à un scénario moins partisan que le roman, La reine des rebelles adopte sans ambages le point de vue sudiste. On a donc le droit à ces séquences aujourd’hui choquantes qui nous montrent des Noirs qui ne savent que courber l’échine (ou danser, car ils ont le rythme dans la peau, c’est bien connu), tandis que l’héroïne prend un air dégoûté lorsqu’on lui dit que ses serviteurs vont être désormais ses égaux.
Véritable aristocrate tête à claque, la jeune fille interprétée par une Gene Tierney débutante n’est guère sympathique. On a effectivement bien du mal à partager son malheur lorsqu’elle va perdre toute sa fortune érigée grâce à l’esclavage des Noirs. Outre un aspect idéologique plutôt embarrassant aujourd’hui (le film est ouvertement raciste), le réalisateur Irving Cummings n’était visiblement pas le bon choix pour ce genre de film. Grand habitué des comédies musicales, le cinéaste n’est pas à l’aise avec l’action et il transforme un sujet qui demandait un grand sens de la psychologie en une sucrerie niaise et révisionniste. Certes, les premières séquences nous indiquent que le film va nous conter la légende de Belle Starr et non sa véritable histoire, mais faire de cette criminelle sans foi ni loi une rebelle uniquement guidée par l’amour de sa patrie sudiste tient du mensonge le plus scandaleux. Non seulement la réelle existence de Belle Starr n’a rien à voir avec ce qui est montré dans le long-métrage, mais ce travestissement de l’histoire sert ici un propos visant à réhabiliter les crimes commis par les Sudistes. Si Hollywood, et le western en particulier, a souvent soutenu le Sud au détriment du Nord, La reine des rebelles est sans doute son porte-étendard le plus criant.
Le DVD :
Une édition passable d’un film uniquement destiné aux amoureux de Gene Tierney.
Les suppléments :
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Dans sa traditionnelle introduction au film de huit minutes, Patrick Brion s’insurge avec raison contre le fait qu’un western raciste comme celui-ci ne soit pas disponible aux Etats-Unis au nom du politiquement correct. Toutefois, cela ne retire en rien l’aspect choquant d’un tel métrage. D’ailleurs, le célèbre critique semble très réservé envers le film et même la prestation de Gene Tierney. Nous oserons aller plus loin que lui en disant clairement que le film est effectivement mauvais et que la jeune actrice y montre peu de qualités dramatiques. Elle a heureusement rapidement progressé pour devenir l’immortelle Laura d’Otto Preminger.
Image :
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Si le Technicolor a souffert des affres du temps et qu’il présente donc des couleurs légèrement éteintes, l’ensemble se regarde sans déplaisir. On notera toutefois la présence de séquences nocturnes un peu trop sombres.
Son :
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Le film est présenté dans deux versions différentes. La version originale sous-titrée dispose d’un mono de bonne qualité, bien plus clair que celui de la version française. Attention, cette dernière est également plus courte d’une minute et dispose d’un montage légèrement différent que l’original.