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La toile d’araignée - la critique

Paul Newman dans un panier de crabes

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- Durée : 1h48mn
- Titre original : The drowning pool

Ce sympathique polar intrigue grâce à une ambiance mystérieuse, mais le rythme languissant ennuie quelque peu. Classique.

L’argument : Lew Harper est amené à enquêter en Louisiane sur une affaire de chantage. Il découvre qu’elle implique une de ses anciennes liaisons.

Notre avis : Fondée par des acteurs comme Barbra Streisand, Sidney Poitier, Steve MacQueen, Dustin Hoffman et Paul Newman, la jeune maison de production First Artists n’a eu de cesse durant les années 70 de promouvoir les œuvres mettant en valeur le talent de ses fondateurs. Ainsi, Paul Newman peut monter sans rencontrer de problème de financement une suite tardive à son très gros succès de 1966 intitulé Harper (Détective privé en français). Il retrouve donc presque dix ans plus tard le personnage de privé décalé qui faisait le charme fou de l’excellent film de Jack Smight et par la même occasion l’univers mystérieux de l’écrivain Ross MacDonald. Cette fois-ci, Paul Newman a fait appel à son vieux complice Stuart Rosenberg pour réaliser cette nouvelle enquête. La toile d’araignée (1975) constitue donc la troisième collaboration entre les deux hommes après l’excellent Luke la main froide (1967) et le plus anecdotique WUSA (1970).
Transposant l’intrigue du roman de Los Angeles vers les bayous de la Nouvelle Orléans, les scénaristes ont eu sans nul doute la meilleure idée possible car l’atmosphère de la Louisiane imprègne chaque image d’un long-métrage qui épouse la torpeur de la région. Ainsi, derrière les vastes demeures coloniales se dissimulent des secrets de famille peu avouables, avec notamment d’impitoyables luttes d’influence pour la possession de quelques puits de pétrole. La description des potentats locaux fait d’ailleurs plutôt froid dans le dos et respecte en cela l’ambiance du roman d’origine. Sans doute moins iconoclaste que le premier épisode, cette suite bénéficie encore de la fausse décontraction d’un Paul Newman très à l’aise, de la fraîcheur juvénile de Melanie Griffith dans un de ses premiers rôles, de la classe de Joanne Woodward et du regard glacial de Murray Hamilton (le maire de la station balnéaire des Dents de la mer).
Toutefois, on peut regretter que l’intrigue, très embrouillée, ne soit pas plus clairement exposée, d’autant que la réalisation assez plate de Stuart Rosenberg (qui s’est surtout illustré à la télévision) n’arrive pas à susciter de véritable suspense. Parfois languissant, le spectacle se réveille enfin dans la dernière demi-heure grâce à une excellente scène dans une salle d’hydrothérapie qui donne lieu à des révélations plutôt inattendues. Au total, La toile d’araignée n’est qu’un polar de plus, sans imagination particulière. Le public de l’époque ne lui a d’ailleurs pas vraiment fait la fête puisque le film a terminé sa carrière parisienne à 125 508 entrées, ce qui n’est guère enthousiasmant pour un long-métrage commercial avec une star en tête d’affiche.

Virgile Dumez

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