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La vallée de la vengeance - la critique

Caïn et Abel

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- Durée : 1h23mn
- Titre original : Vengeance valley

Ce western est avant tout un drame familial qui ne vaut que par le jeu des acteurs. Tout à fait dispensable.

L’argument : Un propriétaire de ranch, Arch Strobie, prend en charge et élève un jeune garçon orphelin, Owen Daybright, rendant son propre fils, Lee, très jaloux. Ce dernier accuse son demi-frère d’être le père d’un enfant illégitime qui est, en réalité, le sien. Il y voit une occasion d’écarter Owen et de récupérer tout l’empire de son père.

Notre avis : L’affiche de La vallée de la vengeance (1951) a tout pour séduire puisqu’elle réunit de nombreux talents alors au pic de leur créativité. Tout d’abord, le vétéran Richard Thorpe se charge de la mise en scène un an tout juste avant de s’imposer comme une valeur sûre grâce à son irréprochable Ivanhoé (1952), révélant ainsi sa capacité à créer des œuvres épiques, bien que formatées. Il est aidé ici par un casting tout à fait intéressant : Burt Lancaster est déjà une grande star depuis sa révélation en 1947 et il s’apprête à exploser dans le formidable Corsaire rouge (1952) de Robert Siodmak ; Robert Walker est quant à lui révélé la même année par sa prestation inoubliable en Inconnu du Nord-Express (1951) d’Alfred Hitchcock ; enfin Joanne Dru profite de sa notoriété naissante depuis sa découverte dans La rivière rouge (1948) d’Howard Hawks.
Malheureusement, tout ce beau monde est ici réuni pour un film assez peu passionnant. Ayant le mérite d’être avant tout une description quasi documentaire de l’Ouest des éleveurs, La vallée de la vengeance s’attache à dresser le portrait d’une Amérique peu tolérante, où les haines familiales ont des conséquences désastreuses. Malgré ce point de vue tout à fait respectable, Richard Thorpe oublie un point essentiel : son western manque terriblement d’action et de mordant. Visiblement sous anesthésie, il emballe le tout avec une nonchalance confinant à l’apathie. Sa réalisation est réduite à sa plus simple expression et le cinéaste signe une œuvre très sage qui ne sort absolument pas du lot commun de l’époque. Finalement, seuls les acteurs apportent un semblant de vie dans ce spectacle toujours sympathique, mais que l’on oublie aussitôt après l’avoir vu. Ni désastreux, ni vraiment intéressant, La vallée de la vengeance est un western de plus, parfaitement inoffensif et finalement assez anodin.

Virgile Dumez