Durée : 2h12min
Titre original : The life of David Gale
Un polar sur la peine de mort, sous la forme d’une démonstration par l’absurde intéressante, mais (des)servie par l’armada de procédés hollywoodiens.
L’argument : Militant contre la peine capitale au Texas, le docteur David Gale, un professeur d’université, se retrouve à tort condamné à mort pour le viol et le meurtre de l’activiste Constance Harraway. Dans sa cellule, il reçoit Elizabeth Bloom, une journaliste qui mettra tout en oeuvre pour prouver son innocence. Mais y parviendra-t-elle ?
Notre avis : David Gale, un brillant professeur de philosophie, mieux connu pour son combat contre la peine de mort, est condamné pour un meurtre atroce. A quatre jours de son exécution, pour raconter ce qu’il n’a jamais révélé au jury, il accorde trois interviews à la jeune journaliste Bitsey Bloom, réputée pour son intégrité et son professionnalisme.
Dire qu’Alan Parker enfonce des portes ouvertes sur le sujet serait sans doute excessif puisque la condamnation de la peine de mort est loin de faire l’unanimité. Cependant, les choix du scénario posent quelques problèmes. Celui par exemple qui consiste à faire entrer dans le débat la question de la culpabilité ou de l’innocence du condamné à mort. Un point délicat, pourtant indispensable à la construction du récit, car c’est en cherchant la vérité sur le meurtre pour lequel David Gale est condamné que la journaliste se surprend à estimer la peine de mort comme hors de propos.
Curieusement, la très professionnelle Bitsey Bloom sombre vite dans l’affectif. Une inclination soudaine pour le pathos qui submerge le film jusqu’à la fin. Sur une histoire déjà fortement assaisonnée d’ingrédients chocs, Alan Parker n’a pas lésiné sur les moyens, truffant sa réalisation de gyrophares (attention ! émotion !). La question qui sous-tend La vie de David Gale - jusqu’où peut-on aller pour défendre l’abolition de la peine de mort ? - se pose ainsi elle-même à son sujet.

Parker pèche sans doute à trop vouloir arracher l’adhésion du public. La manipulation - dont la journaliste fait la première les frais, à l’image du spectateur - doit permettre une sorte de démonstration par l’absurde. Pourtant Alan Parker n’a pas eu le courage d’aller jusqu’au bout : l’issue conforte l’opinion selon laquelle l’abolition a surtout lieu d’être pour les innocents ! Ce que personne ne conteste, y compris ceux qui soutiennent la peine de mort. Du coup, le film ne défend pas vraiment une position abolitionniste, rendant plus douteuse encore la figure socratique qu’il semble proposer...