Durée : 1h45mn
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Souvent très drôle et follement ludique, ce faux documentaire en forme de pied-de-nez à toute une profession ne s’affranchit pas toujours des clichés. Il a le mérite d’être très divertissant.
L’argument : Une réalisatrice veut faire un documentaire sur les actrices, toutes les actrices : les populaires, les inconnues, les intellos, les comiques, les oubliées... Filmant tout, tout, tout, avec ou sans leur accord, la réalisatrice va se prendre au jeu et se laisser dévorer par ces femmes aussi fragiles que manipulatrices...
Notre avis : Suite au succès critique de son premier essai intitulé Pardonnez-moi où elle s’affranchissait des barrières traditionnelles entre fiction et documentaire afin de se livrer à une introspection salvatrice, la réalisatrice Maïwenn renoue avec son style pour ce tour d’horizon bien plus léger sur la condition des actrices et des femmes en général. Sous prétexte de tourner un documentaire, l’auteur se livre à un petit jeu de la vérité où une fois de plus elle brouille les pistes entre les aspects purement personnels concernant les stars interrogées et leurs véritables drames personnels. Ainsi, il est évident que l’envie de reconnaissance et l’aspect frondeur de Muriel Robin correspond bien à cette actrice, de même que l’envie de conserver un certain mystère pour Charlotte Rampling. Au-delà de ces quelques références intimes, les actrices s’amusent avant tout à jouer de leur image publique avec une certaine jubilation : Karin Viard nous fait rire en star faussement modeste, Marina Fois et Muriel Robin montrent avec pertinence la difficulté pour une forte personnalité de sortir du carcan comique où on les a catalogué, tandis que Romane Bohringer nous émeut lorsqu’elle évoque le fameux passage à vide qui touche certaines célébrités éphémères.
A ce petit jeu pas si innocent, chaque actrice y laisse une part d’elle-même et se révèle bien plus qu’elles veulent bien le croire. Filmé de manière abrupte, ce faux documentaire faire souvent rire (grâce surtout à Karin Viard, Jeanne Balibar - hilarante- et Joey Starr, impeccable en rappeur bourru mais papa-poule). On est également content de retrouver la trop rare Karole Rocher, définitivement excellente. Plongeant avec humour dans cet univers de chacal, Maïwenn signe également quelques belles scènes de tension comme elle sait les mettre en boîte depuis son premier opus. Ce sont ces moments qui font toute la force de ce métrage parfois un peu trop léger pour réellement porter à conséquence. On aurait aimé une analyse plus fouillée et documentée d’un microcosme que le public connait souvent très mal. Ce film aura d’ailleurs la facheuse tendance à confirmer un certain nombre de clichés qui circulent encore sur la condition des artistes.
