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Le barrage de Burlington - la critique + le test DVD

Les bûcherons ont la gueule de bois

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- Année de production : 1948
- Sortie du DVD : 18 juillet 2012

Faux western, Le barrage de Burlington est un agréable divertissement qui profite du magnétisme des paysages forestiers américains et des charmes plastiques de la sublime Yvonne De Carlo.

L’argument : 1850, Bûcheron, Dan Corrigan bénéficie de toute la sollicitude de Sequin, la propriétaire du River Lady, un cabaret flottant. Bien qu’il obtienne grâce à elle un poste important dans la scierie de Morrison, il lui préfère la fille de son patron. Mais Corrigan doit surtout affronter Beauvais, un industriel prêt à tout pour conserver le monopole du bois de la région. Blocus de la rivière, meurtres perpétrés par des bandits à sa solde... Tous les moyens lui sont bons !

Notre avis : Solide artisan qui a œuvré dans tous les genres possibles au cours d’une longue carrière forte de plus d’une centaine de longs-métrages, George Sherman (1908-1991) n’est aucunement un auteur, mais un réalisateur consciencieux qui s’est acquitté de sa tâche avec professionnalisme. Aux ordres des studios, il est tributaire des décisions des autres, mais aussi de la qualité des scripts qu’il accepte de tourner. En phase avec le scénariste William Bowers, avec qui il collabore pour l’excellent Larceny (1948), George Sherman accepte d’illustrer une intrigue qui se situe dans le milieu des bûcherons autour du fleuve Mississippi (d’où le titre original Lady River). Si Le barrage de Burlington se rattache au genre du western par son ambiance provinciale, ses scènes de saloon et sa propension à décrire un milieu d’hommes qui se battent pour un rien, le scénario préfère largement traiter de l’expansion du capitalisme, ainsi que du droit des entreprises à prospérer librement.
Le spectateur avide d’action passera donc judicieusement son chemin puisque l’intrigue tourne essentiellement autour de la concurrence entre deux entreprises (une vorace qui cherche à établir un monopole sur l’exploitation forestière et une plus petite qui lutte pour continuer à exister). George Sherman en profite pour filmer avec une certaine majesté des paysages américains rarement exploités au cinéma, tout en mettant en valeur les charmes d’Yvonne De Carlo, la star du film. Seule grosse vedette d’après-guerre de la Universal, la troublante actrice mène le jeu et impose son tempo dans les nombreuses scènes où elle est opposée à un Rod Cameron monolithique. Finalement plus féminin dans sa tonalité, Le barrage de Burlington séduit par sa capacité à opposer de fortes personnalités. Les dialogues de William Bowers participent beaucoup au plaisir ressenti par le spectateur devant ce pur produit de studio. Si l’on ajoute à cela une photographie chatoyante et des costumes somptueux (ah, les tenues d’Yvonne De Carlo !!!!), cette petite production affiche de belles qualités, et ceci malgré des ambitions somme toute réduites.


Le DVD :
Une édition correcte d’un faux western agréable à suivre.

Les suppléments :

Outre une galerie photo, l’acquéreur pourra retrouver une introduction d’un Patrick Brion assez peu inspiré sur ce film. Il semble tellement sous le charme d’Yvonne De Carlo qu’il en oublie de nous donner des renseignements sur le long-métrage. On peut le comprendre. Le cinéphile se tournera donc sur l’intervention très pertinente de Bertrand Tavernier qui, pendant plus de 25mn, revient sur la riche carrière de l’inégal George Sherman, tout en montrant les qualités et les faiblesses de Lady river. Tout bonnement passionnant.

Image :

La restauration a permis de redonner vigueur à la copie qui souffre toutefois de quelques points blancs et autres petites brûlures. Pas de quoi hurler au loup sachant la rareté du film et son potentiel commercial très limité.

Son :

La version originale mono est d’une belle clarté et d’un naturel tout à fait probant. On est moins convaincu par la version française d’époque qui pâtit d’un souffle permanent légèrement irritant à la longue.

Virgile Dumez


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