Durée : 1h35mn
Titre original : Il gatto nero
Un thriller fantastique qui pâtit d’une histoire peu intéressante. Pas de quoi fouetter un chat !
L’argument : Dans un village de Grande-Bretagne, la photographe Jill Travers fait la connaissance de Robert Miles, spécialiste des sciences occultes qui prétend communiquer avec l’au-delà par l’intermédiaire d’un chat noir. Bientôt, des accidents étranges frappent la petite bourgade et l’inspecteur Gorley, secondé par Jill, mène son enquête.
Notre avis : Ce Chat noir se situe, dans la carrière de Lucio Fulci, en plein cœur de sa période la plus créative : il vient tout juste d’achever Frayeurs (1980) et s’apprête à tourner son chef-d’œuvre intitulé L’au-delà (1981) qui lui vaudra la reconnaissance de milliers de fans dans le monde entier. Pourtant, cette très libre adaptation d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe est bien moins réputée et semble être une parenthèse pour le metteur en scène, revenant ici à une forme de cinéma plus traditionnelle. Délaissant ses effusions de gore dégoûtant, Fulci retrouve ici une atmosphère plus proche du giallo (série noire où les meurtres sont généralement sadiques) telle que dans L’emmurée vivante (1977). Il en reprend d’ailleurs de nombreuses idées comme l’enfermement de personnages et une révélation finale qui passe par un motif sonore.
La mise en scène est souvent brillante avec ses mouvements de caméra gracieux, sa photographie magnifique et ses fulgurances baroques bienvenues. Pour autant, la sauce ne prend pas vraiment et le spectateur s’enfonce progressivement dans un ennui poli. La faute en revient à un scénario bien trop lisse qui ne réserve pas beaucoup de surprises : le twist final n’étonnera pas grand monde et reste en-deçà de nos attentes légitimes. On sent le cinéaste embarrassé par une histoire trop simple pour tenir la route durant tout un long métrage, multipliant les scènes de meurtres sans grande inventivité (la plupart sont graphiquement décevantes). Même la musique de Pino Donaggio (qui remplace ici les Goblin), assez kitsch, n’arrive pas à créer une ambiance suffisamment angoissante. On a également bien du mal à croire que ce matou très mignon puisse être l’incarnation du Mal absolu. L’ensemble reste donc tout à fait regardable, mais bien décevant à cause de choix artistiques pas toujours judicieux.
Maître du gore et du film d’horreur crépusculaire, Lucio Fulci est un artisan qui a œuvré dans tous les genres populaires du cinéma italien.