Accueil > Les réalisateurs > B > Baker, Roy Ward > Le club des monstres - la critique

Le club des monstres - la critique

Horreur d’un autre âge

Acheter sur Priceminister

- Durée : 1h35mn
- Titre original : The monster club

Entre humour parodique, comédie musicale et pure horreur gothique, Le club des monstres tente une impossible synthèse et n’arrive qu’à être une oeuvre hybride sans réel intérêt.

L’argument : Un auteur britannique de romans d’horreur est approché par un vampire nommé Eramus, qui lui boit un peu de son sang. Pour le remercier de cette petite « donation » , il l’invite à son « Club des monstres » où les vampires, loups-garous, et autres créatures surnaturelles du tout Londres viennent se divertir. Eramus, qui voue une admiration à l’auteur, lui raconte trois histoires de créatures de la nuit qui pourraient l’inspirer dans ses prochains écrits, tout en regardant les spectacles divers montrés par le Club.

Notre avis : Grande rivale des studios Hammer, la compagnie Amicus n’a jamais réussi à égaler les productions de la firme qu’elle a vainement tenté d’imiter. Toutefois, elle a initié durant les années 70 quelques films horrifiques à sketches qui ont marqué les esprits. Lorsqu’elle parvient à s’offrir les services de Roy Ward Baker, grand maître de la Hammer grâce à quelques films sensationnels comme The vampire lovers (1970) et Dr Jekyll et Sister Hyde (1971), la société Amicus est déjà sur le déclin, tout comme sa rivale de toujours. Effectivement, balayés par un style plus viscéral (les films de Romero et les délires gore des productions italiennes) ou tout simplement plus moderne (L’exorciste et Halloween sont passés par là), les films gothiques à l’anglaise font désormais partie du passé. Recyclant les mêmes recettes depuis les années 50, la firme Hammer abandonne le cinéma à la fin des années 70 pour se consacrer à la production de séries TV. Malgré ce contexte morose, la firme Amicus tente un retour avec ce Club des monstres qui sent la naphtaline.
Roy Ward Baker se donne pourtant beaucoup de mal pour moderniser le thème classique du monstre en mélangeant comédie musicale (les intermèdes dans le club multiplient les fautes de goût en présentant des chansons toutes plus kitsch les unes que les autres), comédie pure et simple et horreur gothique à l’ancienne. De ce mélange pour le moins étonnant, Roy Ward Baker tire un long-métrage plutôt original, mais systématiquement bancal. De manière assez étonnante, le plus décevant vient des trois petits sketches présentés. Si le premier tente une jolie variation sur le thème de la belle et la Bête se terminant sur un plan gore plutôt efficace, les deux suivants sont de véritables déceptions. Le deuxième segment essaye maladroitement de renouveler le thème du vampire en sombrant dans le burlesque le plus basique, tandis que le troisième semble issu de la série La quatrième dimension sans jamais parvenir à instaurer une atmosphère mystérieuse. Finalement, on retiendra davantage la conclusion, fort ironique, qui fait de l’espèce humaine la plus monstrueuse de toutes. Ce joli pied-de-nez termine sur une note à la fois pessimiste et grinçante un long-métrage qui signe l’arrêt de mort d’un certain cinéma horrifique, tout en enterrant le traditionnel mode de production britannique (pour mémoire, la production anglaise fut totalement sinistrée durant les années 80).
Malgré les contributions de nombreuses icones du genre dont le magnifique Vincent Price, l’octogénaire John Carradine ou encore Donald Pleasance (tout juste auréolé de sa participation au triomphe de John Carpenter Halloween), Le club des monstres (1980) a été un sévère échec commercial au point que le film n’est jamais sorti dans les salles françaises. Une page de l’histoire du cinéma d’horreur britannique est donc tournée avec cette oeuvre à bout de souffle.

La bande-annonce : ICI

Virgile Dumez


Il n'y a pas encore d'avis pour ce film. Soyez le premier à proposer votre avis !

Votre avis