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Le coup de l’escalier - la critique + test DVD

Polar noir (et blanc)

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- Année de production : 1959
- Sortie du DVD : 16 septembre 2009
- Format 1.85, 16/9 compatible 4/3

Ce polar noir révèle assez rapidement sa nature de film engagé en proposant une vision réaliste du racisme ordinaire aux Etats-Unis. Le brio de la réalisation renforce la puissance d’évocation du métrage.

L’argument : Un ancien policier monte une attaque de banque. Tout semble marcher, sauf avec ses associés. L’un d’eux, Slater, ne supporte pas Ingram, pour sa couleur de peau.

Notre avis : Durant toutes les années 50, le cinéaste Robert Wise a connu une ascension fulgurante qui l’a fait devenir un réalisateur qui compte, à tel point qu’il devient producteur de ses propres œuvres dès 1959. Le premier projet qu’il soutient lui est apporté par le chanteur et acteur Harry Belafonte qui tient à adapter un roman noir évoquant le racisme. A l’aide du scénariste blacklisté Abraham Polonsky, les différents intervenants décident de s’éloigner du livre original afin de terminer le métrage de manière bien plus pessimiste. Se lovant harmonieusement dans les codes du genre, Robert Wise laisse miroiter au spectateur un casse qui n’aura lieu que dans les dernières minutes du métrage. En réalité, il préfère largement s’attarder sur les préparatifs du coup, et par là même sur les motivations personnelles de chaque personnage.
Tandis que le protagoniste principal, magnifiquement interprété par Robert Ryan, se révèle très vite un raciste totalement inadapté au monde moderne, celui incarné par Harry Belafonte est un Noir qui, par sa couleur de peau, est naturellement rejeté par la société américaine de l’époque. Le duo est complété par un ancien flic mis au rancart, dont Ed Begley fait une figure délicieusement tragique. Ces trois losers finiront par se déchirer et par échouer à cause d’un racisme ordinaire qui les empêche d’être totalement solidaires. Ainsi, le final dans le dépôt de gaz est particulièrement brillant sur le plan symbolique. Faux film noir, mais vrai brûlot politique, Le coup de l’escalier - au passage très mauvais titre français - est une œuvre progressiste qui se situe dans la lignée du pacifiste Le jour où la Terre s’arrêta, tourné par Wise en 1951. Il faut également ajouter que la maestria visuelle, la beauté des cadrages, l’incroyable profondeur de champ et l’efficacité du montage font indéniablement de ce polar engagé un modèle inaltérable du genre.


Le DVD
Une très belle édition d’un film très rare. A prendre sans hésiter.

Les suppléments

Certes, l’unique supplément ne dure que vingt-six minutes, mais il est d’une telle densité qu’on ne peut que s’incliner devant sa totale pertinence. Ainsi, Danièle Grivel et Roland Lacourbe, auteurs d’un livre de référence sur Robert Wise, évoquent avec beaucoup de détails le début de sa carrière, puis s’arrêtent un long moment pour expliquer la genèse du Coup de l’escalier et sa place de choix dans la filmographie de son auteur. Passionnant.

Image

Ce long-métrage très rare bénéficie d’un master restauré très propre qui permet de profiter au maximum des nombreux effets de lumière. On note toutefois un certain manque de définition, notamment sur certains plans un peu trop flous. Rien de franchement gênant toutefois.

Son

L’unique piste en VOSTF stéréo est plutôt efficace et bénéficie d’une belle clarté au niveau des dialogues. Du bon travail, dans les limites imposées par la vieillesse du film.

Virgile Dumez




Biographie

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