Tentative indigente de giallo à la française plus portée sur le nu que sur le thriller !
L’argument : Catherine et Florence posent pour des photos coquines. un travail sans histoire jusqu’au jour où Catherine se sent menacée, épiée. Elle ne se trompe pas, car rapidement, des assassinats sauvages déciment son entourage...
Notre avis : Le couteau sous la gorge de 1986 n’a rien, mais alors rien à voir avec le polar de Jacques Séverac des années 50. Le film est réalisé par Claude Mulot, un ancien du porno qui a notamment réalisé l’excellent Sexe qui parle sous le pseudo de Frédéric Lansac (1975) et La femme objet avec Marilyn Jess en 1980. Reconverti provisoirement à la production "ordinaire", il réalise surtout du bis dans les années 80, une comédie mineure avec Johnny hallyday (Le jour se lève et les conneries commencent, en 1981) et ce fameux Couteau qui sort en salle en juin 86, quatre mois avant sa mort prématurée, des suites d’une noyade.
Cette tentative ratée de réaliser un giallo, donc un thriller transalpin, en France, aligne les fautes de goût, stigmatisant le genre en le réduisant à des actrices dénudées, en toute gratuité (nu intégral, attention, ça ne plaisantait pas à l’époque), et à des nappes de synthé aussi plates que l’intrigue.
Se situant dans le milieu parisien du mannequinat de charme (ah les séances déshabillées au cimetière !), le film accumule les poncifs. Intrigue paranoïaque, mythomanie et nymphomanie combinée, gros plans maladroits, réalisation géométrique plutôt mal cadrée qui aime suivre des lignes, psychose familiale de père en fils... Si l’on peut reconnaître à Mulot une démarche sincère et une volonté de suivre les traces d’Argento (l’intrigue et les décors évoquent Ténèbres, sorti trois ans plus tôt), avec des éclairages qui sortent du plan plan télévisuel des productions françaises de l’époque, le traitement putassier ébranle tous ses efforts. Et pour é"branler", le casting n’est pas sans reproche. Brigitte Lahaie est de la partie ; la Mia Sara française Florence Guerin (Le déclic) a beau être très mignonne son jeu est plat, enfin l’ancien faux bogosse de La Boum, Alexandre Sterling, rate totalement son passage de la comédie Z pour ado (Vous habitez chez vos parents au film adulte.
Près de 30 ans plus tard, le ratage est toutefois parfaitement regardable, il en ressort un charme certain, celui d’une époque révolue où à peu près n’importe qui pouvait faire son cinéma, à condition de faire de bonnes rencontres ou d’avoir quelques sous sur son compte en banque. Ce n’est ni aseptisé, ni préfabriqué, juste improvisé... et ce n’est finalement pas pour nous déplaire.
