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Le dernier signe - la critique

Même pas à la télé...

- Durée : 1h23mn
- Titre original : The last sign
- Le site du film

Le dernier signe ou quand l’écran blanc s’avère moins vide que le film qu’il est sur le point d’accueillir.

Le sujet : Une veuve, secouée par ses dernières années de mariage, a bien du mal à refaire sa vie. Harcelée par sa banque, elle décide de louer l’atelier de son époux à un séduisant ingénieur français dont elle tombe amoureux. Mais d’insistants signes autour d’elle l’amènent à penser que son défunt mari désire entrer en contact avec elle. Son fantôme souhaite-t-il la prévenir d’un danger ou au contraire revient-il pour la harceler ? La réponse au dernier signe...

Notre avis : Le nanar n’est pas une fatalité, mais un incident de parcours qu’un spectateur peut éviter sans grand mal. Mais pour cela, il doit chercher les signes. Quelques exemples... Lorsque vous apercevez en haut de l’affiche le nom de deux acteurs anglophones, totalement has been, qui côtoient le nom d’un comédien français dont les cinq dernières apparitions ont été de cuisants échecs, vous avez là un premier signe d’inquiétude, puisqu’on s’aperçoit que le film est une co-production internationale, de celles qui sont souvent bancales, ce qui nous est confirmé par l’origine française d’une partie de son budget. Ici, c’est Carrère Group qui régale, c’est-à-dire une société de production plutôt spécialisée dans la fiction télé. Cela n’augure rien de très cinématographique.
Autre élément pertinent sur l’affiche, le nom du réalisateur, Douglas Law. La consonance très anglo-saxonne laisse dubitatif ! Serait-ce un Américain travaillant à Paris ? Si oui d’où lui est venu cette idée saugrenue de réaliser un thriller à l’américaine avec des fonds du terroir alors que notre savoir-faire dans ce domaine est plus que contestable. Un mauvais signe de plus. Et regardez l’affiche ! Celle-ci est hideuse avec ses trois personnages aux regards vaguement concernés et un éclair (pas de génie celui-là) en arrière-plan pour rendre l’ensemble un chouïa menaçant. L’amateurisme n’est pas très loin. La typographie maladroite enfonce le clou, et souligne le peu d’intérêt qu’éprouve le distributeur pour son bébé, mais il est vrai qu’il est des rejetons tellement affreux qu’on voudrait les voir mort-nés.
Dernier indice à retenir, la bande-annonce. Quand vous tombez sur celle-ci en salle et que vous entendez des spectateurs pouffer de rire dès qu’un comédien au doublage lamentable ouvre la bouche, vous ne pouvez que penser qu’il faut jouer la carte de la méfiance. En regroupant tous ces signes vous ne vous baserez pas sur une série de préjugés, mais vous vous fierez à votre "sixième sens", car comme le clame l’affiche, ce "sixième sens existe" ! Et combien vous auriez raison, car malheureusement Le dernier signe synthétise toutes vos craintes et va même au-delà. Il franchit la limite du navet insipide en sombrant dans le grotesque avec sa révélation finale aussi étonnante de niaiserie qu’éprouvante de débilité. Alors, pour une fois qu’un campagne publicitaire n’est pas mensongère, faites-lui confiance et allez voir dans la salle d’à côté s’y on n’y projette pas quelque chose qui ressemble à un film, un vrai.

Frédéric Mignard

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