Durée : 1h27mn
Titre original : Seed of Chucky
Interdit aux moins de 12 ans
Le cinquième avatar de la saga de Chucky, la poupée de sang, est aussi l’un des meilleurs. Un must dans l’auto-parodie déglinguée.
L’argument : Rien ne va plus sur le tournage du dernier film de Jennifer Tilly mettant en scène deux poupées meurtrières. Un meurtre atroce a été commis. Evidemment Chucky et son épouse en plastique, fraîchement ramenés à la vie par leur rejeton, Glen, n’ont pas les mains propres. Et les voilà qui harcèlent cette pauvre Jennifer, actrice has been aux gros seins, ainsi que son entourage, afin de se réincarner dans leur corps d’humains. Quelle belle famille !
Notre avis : Retour express sur une série culte, celle des Chucky. Quand en 1988 Jeu d’enfant sort sur nos écrans, rien ne prédestine Chucky à une longue carrière. Le film présenté à feu Avoriaz connaît un petit succès d’estime et est rapidement suivi en 1990 d’un deuxième volet, Chucky, la poupée de sang, qui, lui, passe carrément inaperçu. Résultat, un an plus tard, le troisième épisode est directement exploité en vidéo sur notre territoire. La poupée maléfique définitivement enterrée ? Heureusement non ! Relifting et dépoussiérage intensif du mini-mythe en 1998, avec La fiancée de Chucky qui pour le coup enterre tous les autres films de la série par ses intensions parodiques complètement débridées. Chucky devient alors une authentique icône de l’horreur, accompagnée par sa femme, ressuscitée elle aussi sous les traits d’une poupée, la plantureuse (et ténébreuse) Jennifer.
Depuis, plus de nouvelle du couple ! Mais le scénariste et créateur de la série, Don Mancini, n’avait pas encore dit son dernier mot. Il revient donc, cette fois-ci promu metteur en scène, pour nous offrir un chapitre encore plus fou et plus décapant, avec, au centre du récit, un nouveau venu, le fils de Chucky en personne. Enfin, la fille de Chucky, ou bien les deux à la fois, car à vrai dire, la jeune poupée se recherche ! D’ailleurs, peu importe son genre, finalement la question qui le tracasse le plus serait plutôt "tuer ou ne pas tuer". Mais avec des parents aussi dérangés du ciboulot, la réponse est vite trouvée. Et tant mieux, car le film, survitaminé, ose tout ce qui est possible dans le politiquement incorrect pour mieux nous faire rire : strip-tease de poupée, père pousse-au-crime qui apprend les joies du meurtre à son bambin, Chucky qui feuillette d’une main des magazines coquins, caméo de John Waters, le pape du mauvais goût, dans le rôle d’un paparazzi pervers, Jennifer Tilly à la voix de Betty Boop qui exhibe son corps de pécheresse tout en auditionnant pour jouer le rôle de la Vierge Marie... Ceux qui sont venus pour une bonne suée risquent d’être déçus, le film est une comédie 100% parodique. On frissonne peu, mais on se marre bien. Le milieu du cinéma et la famille en prennent pour leur grade. Et le spectateur pour son argent, car le film est absolument jubilatoire. Bref, vivement la sœur du fils de Chucky !