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Le fils de l’épicier - la critique

Tirez pas sur l’ambulant

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- Durée : 1h36mn

Une plongée dans la France profonde souvent réjouissante à défaut d’être marquante.

L’argument : Quand Antoine propose à Claire, sa meilleure et seule amie, de lui prêter de l’argent, il est loin d’imaginer où le mènera sa promesse. Car de l’argent, Antoine n’en a pas. A trente ans, il traîne une existence jalonnée de petits boulots et de grosses galères. Pour tenir sa parole, il n’a d’autre choix que d’accepter de remplacer son père, épicier ambulant, parti en maison de convalescence après un infarctus.

Notre avis : On avait déjà constaté la capacité du documentariste Eric Guirado à s’emparer d’un sujet de société brûlant pour en faire une fable des temps modernes avec son premier long métrage de fiction, le fort sympathique Quand tu descendras du ciel (2003). Son deuxième essai fictionnel se situe dans la même veine, possédant les mêmes charmes et les mêmes limites que le précédent. Du côté des points positifs, on note cette volonté d’évoquer la situation de communes rurales de plus en plus désertées par la population, mais aussi et surtout par tous les services publics qui doivent répondre désormais aux règles de rentablité imposées par une société obsédée par le profit. Posant ses caméras là où plus aucun cinéaste ne s’arrête, Eric Guirado donne la parole à ces petits vieux totalement abandonnés à eux-mêmes et rend hommage à sa façon aux petits commerçants itinérants qui font, mine de rien, œuvre sociale. Il suit donc le parcours d’un personnage principal égoïste et au vécu familial problématique qui devra apprendre à s’ouvrir aux autres. Bien sûr, ce retour aux sources est un brin cliché, mais le réalisateur parvient à s’en dépêtrer grâce à un regard juste sur ces campagnes oubliées par la modernité. Le trait est parfois caustique, mais jamais condescendant.
Par contre, Le fils de l’épicier n’est pas exempt de reproches. Si sa peinture de la ruralité est empreinte de sincérité, on a tout de même plus de mal à avaler son happy end, finalement très peu crédible par rapport au reste du film. On notera également quelques maladresses narratives, notamment vers le milieu du métrage qui piétine quelque peu. Heureusement, l’ensemble reste toujours agréable à suivre grâce à d’excellents acteurs : Nicolas Cazalé est parfait en jeune homme buté, Clotilde Hesme apporte quant à elle beaucoup de fraîcheur dans cette famille dominée par un tyrannique patriarche - impeccable Daniel Duval. Pourtant, ce sont les deux vétérans Liliane Rovère et Paul Crauchet (du haut de ses quatre-vingt-sept ans) qui décrochent la palme de la truculence. Sans jamais arriver à égaler les œuvres majeures du cinéma social anglais - signées généralement Stephen Frears ou Ken Loach, dont le cinéaste se réclame - Le fils de l’épicier est un film maladroit, mais non dénué de charme.

Virgile Dumez




Les avis des internautes

 

> Le fils de l’épicier - La critique

Par Norman06

Les plus : un récit attachant, drôle et émouvant, des acteurs épatanrs (Nicolas Cazalé, Clotilde Hesme, Liliane Rovere), l’absence de piège du retour au rural (on est plus près de Renoir que de Jean Becker.) Les limites : un filmage un peu télévisuel et un abus des bons mots. Une bonne surprise à l’arrivée.

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