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Le gardien du manuscrit sacré - La critique

A toute épreuve... du ridicule !

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- Durée : 1h43mn
- Titre original : Bulletproof monk

Zen attitude et culture McDo ne font pas bon ménage..

L’argument : Tibet, 1940. Un maître bouddhiste transfère tous ses pouvoirs et son savoir à son disciple (Chow Yun-Fat) en même temps que la garde d’un parchemin précieux qui pourrait mettre la planète en péril s’il tombait entre de mauvaises mains. Par le plus grand des hasards, c’est à ce moment que des soldats allemands décident d’attaquer le monastère. Ils exécutent le maître et tentent de dérober le manuscrit. Le jeune élève se jette alors dans le vide avec le manuscrit. Soixante ans plus tard. New York. Le moine, qui n’a pas pris une ride réapparaît, aux prises avec de mystérieux poursuivants, et recherche à son tour un disciple à qui passer le relais...

Notre avis : Le plan d’introduction du Gardien du manuscrit sacré, montrant le passage de la larve au papillon, métaphore de la transfiguration, illustre parfaitement la métamorphose que subissent nos idoles en provenance de Hong Kong au contact de Hollywood... malheureusement dans le sens inverse... car en regardant les carrières américaines de John Woo, Jet Li, Chow Yun-Fat ou encore de Tsui Hark (heureusement de retour au bercail), on assiste malheureusement à une dégénérescence de leur talent... à la transformation d’un papillon en larve. Ce constat est d’autant plus pénible à la vision de ce "moine à toute épreuve" qui nous donne l’occasion de revoir à nouveau les noms de John Woo et de Chow Yun-Fat réunis dans un générique, nous rappelant avec nostalgie les puissants chefs-d’œuvre que le duo avait à son actif dans les années 80, mais cette fois-ci pour un résultat proche du consternant...
John Woo, en initiateur et producteur de la chose, s’apparente de plus en plus à un quelconque "yes man" passant son temps à parodier ses anciens succès. De son côté, Chow Yun-Fat s’enferme au fil du temps dans la caricature du petit Chinois souriant... A la sortie de la projection, le fan de A tout épreuve ou de The Killer pleure jaune...
Le gardien... est donc un concentré du film indigeste par excellence et ne se révèle à aucun moment intéressant. La faute à une intrigue débilisante (voir le twist final pour s’en convaincre) et au "pathétique duo" du moine et de son disciple Kar (Seann William Scott, le Stifler de American Pie), le personnage de Chow Yun-Fat passant à mesure que l’intrigue progresse de personnage principal à simple faire-valoir de son disciple yankee et crétin. On assiste ainsi, les yeux médusés, à un traitement "fast food" du genre où l’apprentissage de la sagesse et des arts martiaux se fait en deux jours (mais c’est normal, Kar a la culture McDonald avec lui) et où la connaissance ultime se résume pour Kar à trouver la réponse à cette magnifique énigme proposée par le moine sans nom : "Pourquoi les pains de hot-dog sont vendus par pack de huit alors que les saucisses sont vendues par pack de dix ?" ...
Ajoutons à cela des scènes d’action totalement illisibles et des combats câblés (certains diront bâclés) qui nous font regretter les bons vieux trampolines. Le monteur en charge de ce bazar tente tant bien que mal de rattraper l’incompétence du réalisateur en sur-découpant à outrance les scènes, rien n’y fait, le mal de tête persiste avec des pointes de douleur aiguë lorsque la musique d’Eric Serra s’y ajoute...

Richard Vantielcke




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