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Durée : 1h48mn
Année de production : 1979
Comédie outrageusement mal jouée, Le guignolo est un naufrage artistique notable. Y a t’il quelqu’un qui rit dans la salle ?
L’argument : En mission pour le gouvernement français, Alexandre Baroni, voleur récemment libéré de prison, est chargé de passer la frontière italienne avec une mallette. Cette mallette contient un briquet, dont Baroni ignore qu’il cache un microfilm. Une horde d’espions étrangers se lance à ses trousses.
Notre avis : A sa sortie en ce mois de mars 1980, la campagne de publicité bat son plein pour vanter les mérites de ce Guignolo, tourné dans la foulée du triomphe de Flic ou voyou (1979) par la même équipe. Le battage médiatique orchestré par René Chateau est tel que le film se hisse au sommet du box-office dès sa première semaine avec plus de 274 000 spectateurs parisiens, malgré une critique particulièrement assassine. Malgré ce démarrage tonitruand, la nouvelle comédie de Georges Lautner finira sa carrière avec un peu moins de trois millions de fidèles sur toute la France. Beau score certes, mais finalement décevant par rapport aux attentes. Il faut dire que le bouche à oreille a joué son rôle, plutôt dévastateur dans ce cas précis.
Quand on revoit aujourd’hui le produit fini, on comprend mieux ce qui a refroidi les pauvres victimes qui se sont alors trouvées dans la salle. Dépourvu du moindre début de scénario, cette comédie poussive n’est qu’un prétexte pour laisser Bébel divaguer. Dans Le Guignolo, la star en fait simplement des tonnes et plombe chaque scène par son jeu outrancier et franchement irritant. De tirades déclamées en pirouettes gesticulées, l’acteur fait son numéro sans filet et se rétame lamentablement. Les quelques bonnes répliques écrites par Michel Audiard tombent pour la plupart à plat et la réalisation de Lautner est au point mort. Et que dire de cette multiplication de quiproquos, tous plus saugrenus et improbables les uns que les autres ? Dans ce naufrage, les comédiens tentent tant bien que mal de rendre l’ensemble truculent. Ainsi, Michel Galabru nous arrache quelques sourires tandis que de bons seconds rôles se fourvoient dans la caricature - Michel Vernier ou encore Jacques François, d’ordinaire si sobres sont gagnés par une hystérie ridicule. A force de vouloir être trépidant à tout prix, le spectacle ennuie et provoque une certaine allergie vis-à-vis de cette grosse production uniquement vouée au culte d’une star qui tombait ici bien bas.