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Le kid de Cincinnati - la critique

Poker menteur

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- Année de production : 1965
- Sortie du blu-ray : 13 février 2012

Habile suspense situé dans le milieu du poker, Le kid de Cincinnati possède un indéniable pouvoir de séduction immédiat, mais l’ensemble manque quand même de profondeur.

L’argument : Un brillant joueur de poker occasionnel de la Nouvelle-Orléans tente de battre un maître du jeu.

Notre avis : Le cinéaste canadien Norman Jewison a débuté à la télévision britannique, puis canadienne avant de tourner au début des années 60 quelques petites comédies hollywoodiennes insipides avec Doris Day. Rien qui le disposait a priori à prendre la suite de Sam Peckinpah sur le tournage du Kid de Cincinnati (1965). Effectivement, suite à un désaccord artistique, le producteur Martin Ransohoff congédie le cinéaste de Coups de feu dans la sierra (1962) avec pertes et fracas et le remplace au pied levé par un Norman Jewison bien décidé à montrer ses capacités d’adaptation. De fait, sans avoir eu le temps de se préparer, le réalisateur s’empare à bras le corps de ce projet qu’il pense être, à juste titre, la chance de sa vie.
Doté d’un casting prestigieux qui confronte plusieurs générations (Steve McQueen en jeune loup opposé au magnifique Edward G. Robinson), Le kid de Cincinnati réunit une équipe technique de grande envergure. On remarque la présence de Hal Ashby au montage, mais aussi de Lalo Schifrin à la musique et de Philip H. Lathrop, le directeur photo attitré de Blake Edwards. Cette combinaison de talents a permis à Norman Jewison de signer un divertissement de grande qualité, mais peut-être un peu limité par un script qui n’approfondit pas assez les enjeux humains. Si la première partie du film tente bien de mettre en place une intrigue passionnante sur fond de revanche sociale, de corruption et de trahison, la seconde se concentre finalement davantage sur une gigantesque partie de poker qui tourne plutôt à l’exercice de style. Alors que la première heure met en place des oppositions intéressantes entre les différents protagonistes, la longue séquence finale ne permet pas de conclure de manière satisfaisante toutes les sous-intrigues qui ont été développées précédemment.
Séduisant de bout en bout, Le kid de Cincinnati parvient en partie à masquer ces défauts d’écriture par la maestria de la réalisation et du montage. Même ceux qui ne comprennent absolument rien aux règles du poker seront ainsi pris dans les filets de cette dernière séquence au suspense implacable. De même, on ne peut qu’être admiratif devant l’interprétation magistrale de l’ensemble du casting. Il est donc dommage que tout ceci ne serve pas un propos un peu plus consistant. En l’état, Le kid de Cincinnati ressemble finalement à un remake déguisé de L’arnaqueur (Robert Rossen, 1961), mais sans en posséder la puissance, ni la spontanéité.

Le film sort en blu-ray en exclusivité à la Fnac à partir du lundi 13 février 2012 :

Virgile Dumez


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