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Le mariage à trois - la critique

Avant la répétition

- Durée : 1h40mn

Les jeux de l’amour et du hasard. Un Doillon fidèle à lui-même mais une mécanique trop huilée qui finit par tourner en rond.

L’argument : Un dramaturge reçoit chez lui les protagonistes de sa nouvelle pièce. Mais la présence conjuguée de son ex-femme, de son nouvel amant, et d’une jeune assistante, va rendre la journée particulièrement tumultueuse, entremêlant création et enjeux sentimentaux.

Notre avis : Agaçant et irritant, ce dernier opus de Doillon ne s’inscrit pas moins dans la thématique du cinéaste : les jeux de l’amour et du hasard (La tentation d’Isabelle), les rapports entre l’art de la mise en scène et les sentiments amoureux (La puritaine), le fantasme du démon du midi (Raja), la dérive vers les triangles affectifs (Les doigts dans la tête), l’extériorisation du ressenti dans un cadre bourgeois bohème (La fille de 15 ans). Doillon maîtrise un certain effet d’ apprentissage dans ce mélange de théâtralité, de décalage entre les ambitions des personnages et leur comportement réel (un point commun avec Rohmer), et cette aptitude à dépouiller les acteurs de tout vernis social et surjeu pour n’en faire plus que des interprètes de son art : Louis Garrel est à ce titre celui qui s’en sort le mieux, par cette capacité à fondre son jeu lunaire dans l’univers torturé du réalisateur ; la jeune Agathe Bonitzer est une révélation, et réussit à incarner une jeune fille passant de la réserve au désir de sensualité ; Julie Depardieu est moins surprenante, et sa composition paraîtra peu « professionnelle », eu égard à ses compositions chez Miller ou Michel Blanc ; quant à Pascal Greggory (que l’on a connu excellent chez Chéreau ou Duran Cohen), son ton décalé et faux n’est pas le meilleur atout de ce récit d’un week-end de répétition théâtrale à la campagne... Sans doute la mécanique de Doillon est-elle un peu trop huilée et manque-t-elle d’aspérités, alors que le cinéaste nous avait habitué à un naturalisme stylisé insolite dans La drôlesse et une émotion réelle dans La vie de famille ou Le petit criminel. Au final, Doillon s’avère cohérent avec son univers d’auteur mais peine à renouveler un dispositif un brin convenu qui l’assimile à un Bergman du pauvre.

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© Alfama Films (ex-Alma Films)
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© Alfama Films (ex-Alma Films)

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© Alfama Films (ex-Alma Films)

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© Alfama Films (ex-Alma Films)
Gérard Crespo

Biographie

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