Accueil > Les réalisateurs > W > Wilbur, Crane > Le masque - la critique + le test DVD

Le masque - la critique + le test DVD

Vincent Price en Batman ?

- Sortie du DVD : 24 janvier 2012

Plombée par un budget rachitique et une réalisation impersonnelle, cette enquête policière tient en éveil grâce à une intrigue tortueuse et une interprétation de premier ordre. Sympathique.

L’argument : Une maison dans laquelle un banquier véreux vient d’être assassiné. Un criminel mystérieux, le Masque, qui vient reprendre du service. Une auteur de romans policiers à succès qui a loué la maison du crime…


Notre avis : Troisième adaptation cinématographique de la pièce de Mary Roberts Rinehart intitulée The bat après les deux versions tournées par Roland West (The bat en 1926 et The bat whisper en 1930), Le masque (1959) permet aux spectateurs de la fin des années 50 de redécouvrir une intrigue policière entièrement fondée sur le whodunit. Dans une ambiance angoissante qui cite la littérature gothique (présence d’une vieille demeure isolée, de passages secrets et de trésors enfouis), l’auteur nous invite à suivre une histoire tortueuse où se mêlent une escroquerie, les agissements d’un mystérieux serial killer masqué et une enquête menée par une auteur de romans policiers. Si le retournement de situation final est quelque peu prévisible, l’enchevêtrement des événements donne lieu à des séquences suffisamment intrigantes pour susciter la curiosité du spectateur, d’autant que l’ensemble est interprété avec un indéniable talent par l’excellent Vincent Price et la formidable Agnes Moorehead, connue du grand public pour sa contribution à la série Ma sorcière bien-aimée dans le rôle d’Andora, mais aussi pour ses rôles tenus chez Orson Welles (Citizen Kane et La splendeur des Amberson quand même).

Malheureusement, Le masque souffre d’un budget de série B qui fait ressentir ses néfastes limites dans la plupart des plans. Même si le chef opérateur tente de dissimuler la pauvreté des décors par des lumières qui évoquent celles des films de Jacques Tourneur, il ne parvient pas à dynamiser la mise en scène trop plate de Crane Wilbur. Ce septuagénaire tourne ici l’un de ses derniers films et termine ainsi une carrière inégale entièrement dévouée à la série B. Visiblement incapable de s’affranchir de l’origine théâtrale de l’histoire, le réalisateur se contente de suivre ses acteurs sans faire preuve de la moindre imagination visuelle. Si quelques panoramiques viennent égayer la projection, l’ensemble demeure effroyablement statique et daté. Tourné rapidement par la petite compagnie indépendante Liberty Pictures pour profiter de l’aura de Vincent Price, Le masque est assurément un produit au rabais qui porte donc les stigmates d’une conception hasardeuse. Toutefois, les amateurs de suspense à la Agatha Christie peuvent fréquenter ce long-métrage agréable à défaut d’être marquant.


Le DVD :
L’éditeur Wild Side continue sa collection Vintage classics en proposant un DVD de bonne qualité d’un film tombé dans le domaine public. Le résultat est correct.

Les suppléments :
0
Ils ont disparu dans les passages secrets du film. Signalons que cela correspond à la volonté de l’éditeur de proposer des films assez rares dans des versions restaurées à un prix raisonnable.

Image :

Si une restauration a bien été effectuée, permettant notamment d’éliminer bon nombre de points blancs et autres rayures, la copie manque tout de même de précision. La définition quelque peu aléatoire varie en fonction des séquences, mais semble de meilleure qualité dans les scènes plus sombres et contrastées. De quoi profiter du spectacle sans anicroche.

Son :

L’unique piste sonore en version originale sous-titrée est un mono très clair qui fait preuve d’une certaine agressivité lors des passages musicaux. Parfois un peu strident, le son demeure d’une belle puissance, d’autant qu’il est débarrassé de tout souffle disgracieux.

Virgile Dumez

Découvrez toute la BD avec

Bedeo.fr : bande dessinée

avoir-alire est édité par Bedeo.fr