Durée : 2h14mn
Titre original : Barney’s version
D’après l’oeuvre de Mordecai Richler, une biographie marquée par l’interprétation grincheuse de Paul Giamatti, qui incarne à lui tout seul toute l’énergie d’un film un peu trop long.
L’argument : Barney Panofsky, un homme apparemment ordinaire mène une existence extraordinaire. Sa première femme Clara, est une rousse incendiaire, infidèle et libre d’esprit... La seconde "madame P." est une riche princesse juive préoccupée par son paraître. Miriam sa troisième épouse, deviendra la mère de ses deux enfants et l’amour de sa vie. Barney est soupçonné d’avoir assassiné Boogie, son ami qu’il admire. Sa disparition entraîne Barney dans le dédale de sa vie...
Notre avis : Adaptation du dernier roman de Mordecai Richler, Le monde de Barney se résume en un titre et à un personnage. Le film sera donc une biographie, celle d’un homme nombriliste, à l’humour caustique, au regard sur l’autre féroce, toujours dans le refus de se livrer totalement à ceux qui l’entourent. Un ours grincheux, parfaitement incarné par Paul Giamatti qui reçut un Golden Globe pour son interprétation totale d’un personnage sur une cinquantaine d’années.
Issu d’une famille juive iconoclaste (son père, ancien flic sans gloire à la retraite, joué par Dustin Hoffman, n’a pas sa langue dans la poche), il nourrit l’ambition d’une réussite, à peine satisfaite. S’il fait fortune, c’est dans la production de soap operas pathétiques qui exaltent sa mauvaise humeur. Barney le sarcastique, c’est aussi un homme à femmes, il en épousera trois, parfois dans des conditions cocasses (il rencontre sa troisième épouse, en fait, la femme de sa vie, lors de la cérémonie de son deuxième mariage). Cette ponctuation du mariage permet de mieux définir cet homme à qui les affres de la vie conjugale vont si bien, notamment dans la dévotion absolue qu’il porte à son ultime épouse (la superbe Rosamund Pike, ex-James Bond girl) avec laquelle, pourtant, il ne finira pas sa vie.
Le nombrilisme du personnage, légèrement alcoolo qui finit la mémoire à l’eau (fin de vie mélo ), rappelle irrémédiablement la comédie juive new-yorkaise avec toutes ses conventions bourgeoises à ébranler qui ne parviennent jamais à tomber. Le casting, particulièrement solide, donne chair à ce petit monde haut en couleur qui ne décolle toutefois pas plus que cela. La structure en flash-back peu remarquable et l’insertion inutile d’une intrigue policière autour de la disparition de son meilleur ami (l’a-t-il tué, accidentellement, lors d’une bagarre ?) tendent à ralentir le rythme d’une biographie finalement un peu longuette.
Notes :
Une nouvelle édition du roman Le monde de Barney de Mordecai Richler (1931-2001) est en librairie depuis le 1er septembre, chez Albin Michel.

Par Jujulcactus
Petit film américain, sorti dans l’indifférence générale, « Le monde de Barney » a quand même été nommé aux oscars (bon, catégorie maquillage...), à la mostra de venise en 2010 et a remporté le prix d’interprétation aux derniers golden globes (meilleur acteur), c’est pas rien ! Comédie douce-amère, comme on dit, sobre et sans relief (que ça soit en terme de mise en scène ou de scénario), Richard J.Lewis essaie d’innover avec un éclatement chronologique étrange mais ça n’est que pour masquer les faiblesses d’un non-script se résumant à la vie d’un (...)