Durée : 1h38mn
Une comédie d’espionnage qui déconcerte dans un premier temps puis finit par susciter l’adhésion en raison de son ton décalé et déjanté.
L’argument : Agents des services secrets, Muriel et Philippe forment un improbable duo amoureux. Dans leur nouvelle mission, ils sont chargés de mettre la main sur une clé usb cachée par Constance, la veuve d’un trafiquant d’uranium fraîchement assassiné. Cette jeune bourgeoise étrangement ingénue conduira le duo dans un cours de chant lyrique où s’entremêlent d’autres espions aux voix ensorcelantes. Dans cette comédie d’espionnage, les cordes vocales se libèrent, les corps se débrident et les âmes se poursuivent.
Notre avis : De Ilan Duran Coen, nous gardions le bon souvenir de La Confusion des genres, aimable comédie bisexuelle dans laquelle Pascal Greggory était partagé entre les charmes de Nathalie Richard, Julie Gayet, Cyrille Thouvenin et Vincent Martinez. Cette valse des sentiments se retrouve dans ce dernier opus qui montre une espionne entre deux âges hésiter entre un collaborateur espiègle mais sans charme et un gigolo mélomane. De même, la veuve midinette entretient une liaison avec sa protégée tout en cherchant l’amour auprès du fils d’une cantatrice et du même gigolo. Un marivaudage drôle, marqué par un humour pince-sans-rire, constitue par là même le meilleur de cette comédie d’espionnage. Tout commence pourtant mal : un scénario tiré par les cheveux avec des dialogues de sous Audiard, un filmage bâclé digne du pire Mocky, ou des contre-emplois incongrus (la lumineuse Dominique Reymond en chef des services secrets) font craindre un sous-produit du genre pastiche.
L’amateurisme de certaines séquences (le règlement de compte final) fait songer aux pires polars de la Nouvelle Vague (Marie-Chantal contre le Docteur Kha plutôt qu’Alphaville). Enfin Jeanne Balibar surjoue son personnage, à l’instar de celui qu’elle incarnait dans le dernier Anne Fontaine ; c’est d’autant plus fâcheux que cette comédienne est l’une des plus fines de sa génération. En dépit de ces défauts, Le Plaisir de chanter séduit très vite, de par un rythme soutenu, une intrusion subtile de l’univers du chant lyrique dans le monde de l’espionnage, un second degré ludique jubilatoire et un ton déjanté qui oscille entre la BD et le sérial. Si le "McGuffin" initial est léger (une course à une clé usb), les digressions sur les sentiments et la sexualité des personnages donnent lieu à des séquences déjà d’anthologie, qui ne sans pas évoquer Vivement dimanche ! de Truffaut. Il faut aussi souligner le jeu singulier de Marina Foïs, aux faux airs de Jaoui et de Frot, ainsi que la révélation de Julien Baumgartner en obscur objet du désir.
Le DVD

Une belle édition dans laquelle le réalisateur s’est beaucoup impliqué.
Les suppléments
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Le cinéaste s’exprime beaucoup dans cette partie bonus, de manière frontale. Filmé durant les commentaires, apparaissant même dans le making-of pour se justifier auprès des spectateurs, Ilan Duran Cohen répond notamment aux reproches formulés à la sortie de son film. Un besoin curieux, vu la bonne réception critique de cette comédie complètement décalée. Aussi, on peut trouver le making-of de 15 minutes un peu redondant par rapport aux commentaires audio, du moins au niveau des interventions de son auteur, mais il permet de donner la parole aux comédiens sur le tournage, ce qui est toujours appréciable.
Par la suite, neuf minutes de scènes coupées prolongent l’étrangeté du métrage et une bande-annonce met un terme à ces suppléments cadrés qui rationalisent beaucoup cette expérience hors du commun.
Image
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Le master est de grande qualité. Bénéficiant d’un très bel étalonnage, l’image jouit d’une netteté impressionnante qui nous permet de bien appréhender les détails.
Son
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La piste 5.1 proposée présente peu de différences avec l’alternative en stéréo. Les enceintes arrière se réveillent de temps à autres, au détour de quelques notes de musique qui prennent alors un peu plus d’ampleur. Rien de remarquable, mais le rendu sonore est suffisamment clair et équilibré pour satisfaire les oreilles.

Par Frédéric Mignard
Une comédie qui s’inscrit dans l’originalité et la surprise, avec un goût prononcé pour les dialogues chic autour d’un sexe inclassable. A découvrir.
Par romaric
« Le plaisir de chanter » offre un pur moment de bonheur, grâce à une intrigue originale et un humour efficace. Marina Foïs est égale à elle-même : désopilante et décalée, les autres personnages sont également brillants. Ce film est un peu « ovniesque », souvent cru et audacieux, mais se laisse découvrir avec grand plaisir.