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Durée : 1h39mn
Titre original : Kansas City confidential
Année de production : 1952
Sortie du DVD : 6 avril 2011
Un film noir dont l’intrigue originale est relevée par une réalisation efficace et une interprétation de premier ordre. Un petit classique du genre, en quelque sorte.
L’argument : Joe Rolfe, un ancien détenu, est arrêté pour l’attaque d’un camion blindé où quatre gangsters masqués ont dérobé 1,2 million de dollars en petites coupures. Après avoir subi un interrogatoire musclé orchestré par la police, il ressort blanchi. Mais Joe n’en reste pas là pour autant et avec l’aide de ses complices mafieux, il retrouve la trace d’un des braqueurs et usurpe son identité sans éveiller le moindre soupçon...
Notre avis : Petit prince de la série B, le réalisateur Phil Karlson n’a jamais obtenu la consécration d’un Anthony Mann puisqu’il n’est jamais parvenu à diriger de grosses productions avec des stars. Pourtant, un bon nombre de ses œuvres se hisse sans problème au niveau des meilleures productions de son époque, comme ce Kansas City confidential (1952) nous le prouve. Surfant sur la vague du film noir qui envahit les écrans du monde entier en ce début des années 50, Phil Karlson se distingue du tout-venant en proposant au spectateur une histoire assez originale. Là où la plupart des scénaristes se concentrent sur les agissements des gangsters (longue préparation, puis exécution d’un casse) ou encore sur la traque policière qui s’ensuit, Le quatrième homme évacue très rapidement ces éléments pour s’intéresser au partage du butin entre les truands.
Jouant habilement avec le spectateur, les scénaristes (plus de six, dont deux seulement sont crédités) ont mis en place une intrigue en apparence linéaire, mais qui réserve quelques chausse-trappes intéressantes. Ainsi, les apparences se révèlent rapidement trompeuses et la fine frontière qui sépare le bien du mal se trouve sans cesse redéfinie. Si les truands ne sont pas forcément aussi terribles qu’ils veulent le faire croire, les policiers sont loin de représenter des modèles de droiture. Si le film pâtit d’un manque de rythme dans la seconde partie où les gangsters se jaugent avant d’effectuer le partage, le dernier quart d’heure vient rectifier le tir en proposant un nombre conséquent de rebondissements qui tiennent particulièrement bien la route. Le tout est emballé avec un évident savoir-faire par un réalisateur qui joue volontiers sur le clair-obscur et les cadrages expressionnistes.
Autre élément à mettre au crédit de Karlson, Le quatrième homme bénéficie d’un casting impérial mené avec brio par John Payne. Cet acteur jusque-là spécialisé dans les comédies musicales y trouve un emploi de truand malgré lui qui lui convient merveilleusement. Il a d’ailleurs retrouvé le réalisateur l’année suivante dans L’affaire de la 99ème rue, avant de se spécialiser dans les westerns de série B. Mais sa prestation est relevée par une kyrielle de seconds couteaux savoureux : Lee Van Cleef débutait alors une riche carrière au service du crime, Neville Brand marchait doucement vers la consécration (il obtient son premier succès en 1953 avec Stalag 17), Jack Elam n’était pas encore cette figure emblématique du western américain, mais tous participent au plaisir extrême ressenti par le spectateur devant un divertissement joliment troussé par un artisan au sommet de son talent. Tarantino lui-même ne s’y est pas trompé en prenant exemple sur ce film pour écrire le scénario de son Reservoir dogs, près de quarante ans plus tard.
Le DVD
Enfin une belle édition de ce petit classique tombé dans le domaine public.
Les suppléments
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Aucun, comme toujours avec cette collection à petit prix.
Image
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Souvent édité avec des masters endommagés, cette œuvre tombée dans le domaine public a enfin eu le droit à une restauration digne de ce nom. La copie, bien contrastée, bénéficie d’un piqué de bonne qualité et d’une précision d’ensemble remarquable.
Son
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Le mono proposé est de bonne qualité aussi bien en version originale qu’en français. Une fois n’est pas coutume, l’éditeur nous a fourni une piste française d’époque dont les voix sont légèrement en retrait, mais qui sonne assez juste.