Jackson relève l’impossible défi et réalise un premier volet éblouissant.
L’argument : Dans La Comté, à Hobbitebourg, se joue le sort de la Terre du Milieu. Frodon, paisible hobbit, se voit remettre par le vieux Bilbon un anneau mystérieux. Gandalf le magicien est persuadé que cet anneau recèle des pouvoirs infinis. Pour lui, il s’agit de l’anneau unique. D’apparence anodine, cette bague est l’objet des convoitises du diabolique Sauron, seigneur de Mordor. D’ailleurs, le trot infernal de ses soldats, les chevaliers noirs, retentit déjà dans le comté. La seule échappatoire pour Frodon, désormais porteur de l’anneau, est de fuir avec ses cousins Pippin et Merry, et son fidèle serviteur Sam. Il doit se rendre en terre ennemie, dans le lointain pays de Mordor, pour détruire l’anneau.
Notre avis : Adapter sur grand écran la trilogie de J.R.R. Tolkien était plus qu’un défi. C’était un pari insensé tant l’univers sorti tout droit de l’imagination de cet écrivain anglais était truffé de détails bien difficiles à reprendre dans leur totalité. Pari osé car les fans n’auraient permis aucune prise de liberté excessive par rapport au texte original. Le choix du Néo-Zélandais Peter Jackson comme chef d’orchestre avait également de quoi surprendre. Bad taste (1987) et Brain dead (1992), films d’horreur mêlant gore et humour, étaient plus proches de la série Z que d’une œuvre cinématographique de qualité.
Mais dès les premières secondes du film, Peter Jackson convainc les plus sceptiques. Car, oui, le réalisateur néo-zélandais a amplement rempli sa mission. Ce premier volet est une merveille de film d’aventures, réussissant parfaitement à combiner la féerie et la magie du roman de Tolkien, tout en ne négligeant pas la noirceur ambiante (représentée par un Christopher Lee plus inquiétant que le Saroumane du livre), les combats guerriers et le souffle épique. Beauté des paysages amplifiée par une photographie offrant une esthétique rare pour le genre, acteurs peu connus du grand public mais parfaits dans leurs rôles respectifs (avec une mention spéciale pour Ian McKellen et Viggo Mortensen, parfait dans la peau d’Aragorn), détails des costumes, rythme soutenu et effets spéciaux en pagaille venant parfaitement servir l’histoire. Tout est réuni pour un spectacle de qualité, sublime, époustouflant. Pari gagné donc, Monsieur Jackson.