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Le serpent - la critique

Du venin dans les veines

Un thriller domestique made in France haletant, en pleine possession de ses moyens.

L’argument : Vincent Mandel, photographe et père de famille en instance de divorce, voit sa vie s’effondrer à cause d’une manipulation orchestrée par un ancien camarade de classe, Joseph Plender. Meurtre, enlèvement et chantage vont conduire Vincent dans une véritable descente aux enfers... Il ne lui reste qu’un seul espoir, battre Plender à son propre jeu.

Notre avis : Echaudé par l’échec de son ambitieux Brasier (1990), Eric Barbier revient à la réalisation après un long passage à vide, dans un genre casse-gueule, le thriller à l’américaine (on se souvient des ratages de Six pack et de Dédales). Surprise, Le serpent s’avère être une réussite d’une efficacité diabolique. Le cinéaste assimile les lieux communs du genre en les transcendant par sa réalisation pointilleuse et sa direction d’acteurs forte. Chaque comédien y est juste, des premiers rôles - Yvan Attal et Clovis Cornillac sont tous les deux solides - jusqu’aux seconds rôles, Pierre Richard en avocat couard et Olga Kurylenko en succulente femme fatale manipulatrice, qui sont également impeccables. Chacun évite la mascarade et le ridicule grimaçant, en extériorisant ses angoisses et névroses avec un vrai talent dans le contre-emploi qui permet au film d’éviter de sombrer dans l’opposition binaire facile entre le bien et le mal. Le personnage d’Attal est ainsi un innocent aux mains sales et Cornillac en harceleur des ménages, derrière ses monstrueuses manigances, dissimule des plaies et un passé obsessionnel trouble qui le sortent de la caricature.
Les ressorts dramatiques invraisemblables, inhérents au genre, passent comme des couleuvres, grâce à la fluidité du récit, vif et sérieux, et ce malgré un petit passage à vide dans la partie centrale. Mais cette baisse de régime est compensée par la fin, plutôt éloquente, qui matérialise la tension dans tout ce qu’elle a de palpable, aidée par le joli décor d’un sanatorium délabré parfaitement reconstitué. Le serpent déploie donc un savoir-faire visuel et scénaristique épatant, évitant les écueuils de la duplication franchouillarde dans lesquels les Français se sont vautrés à répétition. Du tout bon donc, pour un reptile mordant et venimeux en pleine possession de ses moyens.

Frédéric Mignard

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Les avis des internautes

 

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