Sortie vidéo : le 09 février 2011
Ce thriller maléfique a du style mais finit pas assommer par son excès de religiosité. A voir éventuellement pour ses deux interprètes, Julianne Moore et Jonathan Rhys-Meyers, tous deux épatants.
L’argument : La psychiatre Cara Harding est spécialisée dans l’étude des tueurs en série. Son père, lui-même psychiatre de renom, lui soumet le cas étrange de David, patient atteint de schizophrénie. Cara découvre bientôt que les multiples personnalités de David sont toutes les victimes de meurtres sordides. Elle doit alors résoudre ce redoutable cas clinique qui va la mener aux frontières de la folie...

Notre avis : Réalisé par Måns Mårlind et Björn Stein, deux potes suédois qui s’étaient fait remarquer dans leur pays avec un thriller déjà diabolique (Storm), Le silence des ombres aurait aimé être la dernière sensation dans un genre fécond en chefs d’oeuvre, tels que Seven ou Le silence des agneaux, deux des références qui viennent immédiatement à l’esprit lors du visionnage du film.
L’intrigue se situe dans un environnement sombre et déliquescent, quasi nocturne ; elle se concentre sur les discussions entre une psychiatre qui nie l’existence des personnalités multiples et son nouveau patient, qui en a pourtant plus d’une dans la tête ! Au-delà de leurs confrontations qui font froid dans le dos, elle mène son enquête et découvre des secrets morbides qui vont donner un éclairage 100% surnaturel, voire méphistophélique, au dossier médical qu’elle traite, alors que toute sa famille se retrouve soudainement en danger !
Dans le rôle de la psy, Julianne Moore apporte une crédibilité remarquable à son rôle.
Actrice née oscarisée, sa présence est indéniablement l’un des points forts du casting. Similairement, celle de Jonathan Rhys-Meyers, impressionnant dans ses changements de personnalité, incarnant tantôt l’aliénation, la folie, l’innocence et la détresse avec toujours autant de brio, donne un cachet remarquable à la série B que l’on regarde. C’est de surcroît magnifiquement filmé. De nombreux plans se regardent un peu le nombril mais affirment le caractère des deux cinéastes qui ont un style et un regard qu’ils imposent jusqu’au bout, parfois à nos dépens.
En effet, si l’on se prend au jeu des mystères psychiatriques pendant un certain temps, grâce aux nombreuses qualités pré-citées, l’excès de religion nous indispose très vite.
La réflexion sur la foi a peut-être donné envie aux comédiens d’y voir autre-chose qu’un simple film horrifique et a validé leur adhésion au projet, pour les autres, ceux qui sont allergiques au prêchi-prêcha de l’Amérique profonde (anti-science, pro-croyance), l’ennui l’emporte sur la peur. Au final, Le silence des ombres n’apporte rien au genre, si ce n’est un peu plus de frustration face aux promesses non tenues par les premières scènes et rentre dans la longue tradition des mauvaises leçons de catéchisme du cinéma américain.
Attention, après une tournée des marchés mondiaux en 2010, Le silence des ombres sort directement en DVD en France le 9 février. Il sera exploité quinze jours plus tard aux USA, où il connaîtra une petite distribution en salle à partir du 25 février 2011.
La bande-annonce : ICI
Le DVD

Une édition de qualité qui offre de vrais atouts techniques à la projection et une immersion optimale pour vivre l’ambiance du film. Dommage que la jaquette qui évoque immédiatement les couleurs d’un DTV soit aussi peu réussie !
Les suppléments :
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Une bande-annonce et un making-of d’une quinzaine de minutes constituent la section bonus. Dans le making-of, tous les protagonistes du film viennent donner leur vision de l’oeuvre qu’ils sont en train de tourner. Les acteurs donnent leur approche des personnages. Les réalisateurs leurs intentions. Le scénariste en rajoute un peu. Banal mais, honnêtement, on n’en demandait pas plus.

L’image :
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Elle est superbe ! Fine et précise, elle répond aux exigences de définition cristalline attendue par le dévédéphile contemporain. L’éditeur propose un blu-ray en alternative. Ceux qui ne sont pas équipés n’ont aucune raison d’être frustrés, ce DVD est suffisant !
Le son :
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Le son participe énormément à l’ambiance du film, souvent inquiétant. Le 5.1 est utilisé avec succès dans ce sens, créant constamment le malaise voulu par les auteurs. Si on peut regretter le choix du DTS pour le français et non pour la VO, on peut s’accorder à dire que la DD 5.1 anglaise est suffisante pour une bonne appréhension du suspense. Quant au doublage, si vous n’y êtes pas récalcitrant, il est pour une fois de qualité.