Accueil > Les réalisateurs > L > La Patellière, Denys (de) > Le tonnerre de Dieu - la critique

Le tonnerre de Dieu - la critique

Coup de foudre angélique

Acheter sur Priceminister

- Durée : 1h31mn

Servi par de brillants dialogues de Pascal Jardin, Gabin en fait des tonnes dans ce très gros succès du cinéma français.

L’argument : Léandre Brassac, vétérinaire, est l’heureux propriétaire d’un manoir dont il a hérité. Homme caractériel et misanthrope, il partage sa vie avec une Allemande répondant au nom de Marie. Un jour, il fait la rencontre d’une jeune prostituée sans repères qu’il décide d’installer chez lui, après s’être débarrassé de son souteneur.

Notre avis : Véritable fonctionnaire du cinéma français des années 50-60, Denys de La Patellière fait partie de cette génération de cinéastes qui ont mis tout leur savoir-faire au service de stars dans des oeuvres commerciales inégales. Figure incontournable de ce "cinéma de papa" tant critiqué par les jeunes de la Nouvelle Vague, l’acteur Jean Gabin s’est attaché un certain nombre de fidèles collaborateurs ayant le mérite de lui servir la soupe et de ne pas trop le contredire. On peut presque considérer "le vieux" - comme il aimait se surnommer - comme le véritable auteur des nombreux films qu’il tourne dans les années 60 avec Grangier, Le Chanois ou encore La Patellière. Ainsi, Le tonnerre de Dieu (1965) est adapté par Pascal Jardin d’un roman de Bernard Clavel, auteur réputé pour ses livres sentant bon le terroir. Le célèbre dialoguiste réserve toutes les plus belles tirades à Jean Gabin qui incarne ici un personnage à la fois séduisant et irritant. D’une totale misanthropie, cet anarchiste de droite, riche héritier dégoûté des hommes à cause de la guerre, est une figure paternelle telle que les affectionnait Gabin vers la fin de sa carrière. Eructant, roulant des yeux et déclamant avec jubilation des dialogues spécialement écrits pour lui, l’acteur en fait des tonnes et dévore la caméra au point de faire de l’ombre à ses partenaires. Dès qu’il n’apparaît plus à l’écran - ce qui est rare - les limites formelles du Tonnerre de Dieu nous sautent aux yeux.
Doté d’une très belle photographie en noir et blanc et d’une musique lyrique de Georges Garvarentz, ce métrage est malheureusement desservie par une réalisation fonctionnelle bien trop scolaire. Heureusement que l’histoire reste toujours intéressante, soutenue par l’interprétation exceptionnelle de Lilli Palmer, bien plus nuancée que celle de l’ogre Gabin. La présence de Michèle Mercier est par contre quelque peu éclipsée par l’appétit de son partenaire de jeu, mais il faut dire que son rôle de putain repentie tient plus du cliché qu’autre chose. Enorme succès au box-office français de 1965 avec plus de six millions d’entrées, Le tonnerre de Dieu est un divertissement tout à fait regardable qui a bénéficié à l’époque de la réunion sur les écrans de deux valeurs commerciales sûres : un Gabin au sommet de sa popularité et une Michèle Mercier alors en pleine ascension grâce à la série culte des Angélique. D’autant qu’elle retrouve ici Robert Hossein, son cher Geoffrey de Peyrac tant cherché dans l’oeuvre de Borderie. Du bon cinéma de papy, en somme.

Virgile Dumez




Les avis des internautes

Votre avis