Durée : 57mn
Titre original : Okasareta hakui
Sortie du DVD : 6 octobre 2009
Disponible uniquement dans le coffret Koji Wakamatsu
A la lisière entre film trash et expérimental, Les anges violés est un objet cinématographique hors norme qui désarçonne et passionne à la fois. A découvrir.
L’argument : Six infirmières invitent un inconnu à les rejoindre dans leur dortoir, mais celui-ci se révèle être un implacable tueur psychopathe...
Notre avis : Inspiré par un fait divers qui s’est déroulé en 1966 aux Etats-Unis, le cinéaste Koji Wakamatsu détourne ici toutes les règles classiques du pinku eiga (film érotique japonais) pour signer une œuvre totalement inclassable, à la frontière entre le thriller trash et le film expérimental. Visiblement marqué par la Nouvelle Vague française et les expérimentations d’un Godard, le cinéaste ose désynchroniser l’image et le son sur de nombreuses séquences (notamment en ouverture et lors des scènes finales). Il utilise également un noir et blanc très contrasté qui se transforme de temps à autre en couleurs vives, tandis que l’emploi de plans fixes renvoie directement à la photographie. Grâce à une ambiance sonore très lourde (une tempête, mais aussi un synthé atmosphérique aux circonvolutions psychédéliques), Wakamatsu crée le trouble chez le spectateur en entrant progressivement dans la tête d’un psychopathe dont il matérialise les obsessions.
Si la symbolique du film est évidente (le pistolet est ici clairement le substitut du pénis, marquant ainsi l’impuissance du personnage principal), elle n’en est pas moins troublante par l’absence apparente de point de vue moral sur les agissements du tueur. Proche du cinéma d’exploitation, Les anges violés ne nous épargne aucun plan de torture ou de femme nue ligotée sur une chaise. L’utilisation des cris renforce également l’impression d’horreur, alors que la plupart des meurtres se font hors champ. Cet étrange essai se rapproche au final des théories d’Antonioni sur l’incommunicabilité entre les êtres, et notamment entre les hommes et les femmes, mais avec un aspect bien plus dérangeant. Réservé à un public averti et amateur de cinéma expérimental, Les anges violés est à n’en pas douter un film à découvrir, qu’il vous emballe ou vous laisse froid, comme ces corps amoncelés de femmes massacrées sur l’autel de la virilité.
Le DVD

Un coffret indispensable, dans lequel se trouve cette galette inégale.
Les suppléments
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La galette des Anges violés contient une préface de huit minutes de Marina de Van qui se livre en réalité à une analyse approfondie du film. Il faut donc mieux regarder ce supplément après avoir vu le film, d’autant que l’actrice-réalisatrice s’est livré à l’exercice de l’analyse avec la volonté évidente d’étaler sa culture. Elle exprime avec un vocabulaire extrêmement complexe des concepts simples et finit par noyer le spectateur sous sa prétention. Irritant.
Image
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Si la plupart des plans fixes en noir et blanc sont souvent très beaux, il faut reconnaitre la faiblesse du master utilisé. Le film a clairement subi les dégradations du temps avec des changements de bobines chaotiques, des griffures et autres brûlures. Les dégats les plus remarquables se concentrent sur les quelques images en couleurs, aux contours mal définis et à la colorimétrie délavée. La rareté du film peut excuser de telles faiblesses.
Son
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La version japonaise en mono sous-titrée est plutôt efficace et dispose d’une belle amplitude. Elle se révèle suffisamment puissante pour nous plonger dans l’ambiance anxiogène du métrage.