Sortie du DVD : 17 janvier 2012
Cette troisième version d’une œuvre de Bret Harte est une honnête série B transcendée par une superbe photographie en noir et blanc et une interprétation de grande qualité.
L’argument : Après l’attaque de leur banque, les habitants d’une petite ville en chassent divers bandits et indésirables. En cours de route, ceux-ci sont bloqués en montagne par une tempête de neige et sont obligés de se réfugier dans une cabane, sans vivres, avec un couple rencontré sur leur chemin.
Notre avis : Célèbre pour ses romans se déroulant dans les grands espaces de l’Ouest américain, l’écrivain Bret Harte (1836-1902) a signé avec The Outcasts of Poker Flat une œuvre qui a servi de point de départ à de nombreuses adaptations cinématographiques. Le premier à s’attaquer à cette histoire fut John Ford dans un film muet éponyme datant de 1919. La première version parlante date quant à elle de 1937, toujours avec le même titre. Elle a été réalisée par Christy Cabanne avec notamment Van Heflin. Il faut attendre 1952 et Les bannis de la sierra pour retrouver l’histoire de Bret Harte au cinéma, cette fois-ci sous la direction de Joseph M. Newman, honnête artisan de la série B qui se fera remarquer quelques années plus tard grâce à un efficace film de SF (Les survivants de l’infini en 1955) et un western marquant (Tonnerre Apache en 1961).
Plusieurs excellentes idées sont à mettre au crédit de cette troisième adaptation du bouquin de Bret Harte. Tout d’abord, le cinéaste a opté pour une image en noir et blanc à une époque où la plupart des séries B étaient déjà tournées en couleurs. Ce choix particulièrement judicieux donne au long-métrage une puissance évocatrice dès l’ouverture avec un casse à l’atmosphère plus proche du film noir que du western classique. Cette entrée en matière bénéficie en outre d’une réalisation inspirée qui sait se servir à merveille des contrastes entre zones éclairées et parts d’ombre. Ensuite, le réalisateur ose enfermer au bout d’un quart d’heure tous les protagonistes dans un espace clos (une cabane isolée en pleine montagne), et ceci pour toute la durée du métrage. Si l’action en prend un coup, Newman parvient à générer une tension constante par le jeu des oppositions entre les personnages. Il rend même très crédibles des rebondissements qui pouvaient a priori paraître grossiers.
Il faut dire qu’il bénéficie d’un casting de haute volée avec la présence d’Anne Baxter, tout juste échappée du Eve (1950) de Mankiewicz, de Dale Robertson alors en pleine ascension (avant de se spécialiser dans le western télévisuel), de Cameron Mitchell dans un de ses meilleurs rôles et enfin de l’excellente Miriam Hopkins, star des années 30 dont la carrière battait sérieusement de l’aile (elle se consacre davantage au théâtre et à la télévision durant les années 50). Malgré ces formidables atouts, Les bannis de la sierra peine à n’être autre chose qu’une correcte série B, sans doute à cause de la minceur de son argument principal et au minimalisme de sa mise en scène. Une curiosité que tous les amateurs de westerns se doivent d’avoir vu, mais dont le souvenir risque bien d’être fugitif.
Le DVD :
Une édition de bonne qualité d’une honnête série B.
Les suppléments :
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La présentation de sept minutes de Patrick Brion permet de mieux saisir le contexte de création de l’œuvre. Toutefois, la brièveté de son intervention en limite fortement la portée. Une galerie photo accompagne le tout.
Image :
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Le film est présenté dans une copie qui a été nettoyée de toute imperfection. Si on peut regretter que les noirs manquent de profondeur en laissant deviner la trame vidéo, l’ensemble est hautement satisfaisant pour une œuvre aussi rare et aussi ancienne. Du bon boulot.
Son :
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Le film n’étant pas sorti au cinéma sur notre territoire, l’éditeur ne nous livre qu’une version originale (sous-titrée, bien entendu) en mono. Celle-ci permet de ressentir les attaques de la tempête qui fait rage autour de la cabane, sans que cela masque les voix des acteurs.