Présenté dans la section "Un certain regard", cette première œuvre méritait mille fois la Caméra d’Or et elle l’a eue ! Sans oublier le Grand Prix à Deauville !.
L’argument : La vie d’une petite fille est radicalement transformée quand son père est victime d’une étrange maladie, alors même que le monde subit un déclin brutal. La hausse des températures entraine une montée des eaux et libère des créatures préhistoriques. L’enfant décide alors de partir à la recherche de sa mère.
Notre avis : Alors que le Festival entame son quatrième jour, la perle tant souhaitée n’est pas nécessairement celle que l’on attendait jusque maintenant. On la doit aux Bêtes du sud sauvage, un premier film en provenance du festival de Sundance envers lequel la presse réserva un accueil unanime. À l’issue de la projection cannoise, la salle ovationna triomphalement ce coup de maître, figurant à "Un certain regard", auquel elle réserva une salve d’applaudissements à procurer la chair de poule. Rien de disproportionné au vu du génie affiché par ce réalisateur néophyte sur qui il faudra désormais compter dans les prochaines années. Tandis que l’on ne cesse de nous rabâcher les oreilles quant au fait que la fin du monde approche, les cinéphiles peuvent se réjouir car cela a au moins le mérite d’alimenter un vivier insoupçonné de films catastrophes aux qualités exceptionnelles (quasiment dépourvus d’effets spéciaux), dont les derniers en date remontent à Take Shelter et Perfect sense.
Le Sud sauvage du titre renvoie aux quartiers délaissés de la Sun Belt, plus particulièrement ceux situés dans la partie vulnérable de la Nouvelle-Orléans balayée sauvagement par l’ouragan. C’est là qu’une tranche de la population locale survit dans des conditions habitationnelles à la précarité extrême. Si ce n’est dans la récente et non moins brillante série Treme, peu de fictions n’avaient tâtonné auparavant le terrain sous cet angle révoltant. Les bêtes du sud sauvage s’impose comme une ode à la vie, à l’écologie, à l’amour paternel qui nous emporte dans une tornade de sentiments dont on se relève difficilement. Il n’y a pas de mots assez forts pour décrire la force de ce pur petit chef-d’œuvre habité par Quvenzhané Wallis, une gamine d’origine afro-américaine d’à peine six ans qu’on voudrait serrer dans nos bras tant elle nous bouleverse d’émotions. La Caméra d’Or n’aura jamais été aussi brillante.

Par Frédéric Mignard
Un joli conte initiatique du sud des Etats Unis, brillamment réalisé, avec toute la fougue et la détresse d’une jeunesse à la découverte d’un monde et de ses chagrins. Un peu trop foutraque toutefois pour laisser place à l’exultation !