Sortie vidéo : le 18 juillet 2012
L’un des grands films réalisés autour des Jeux Olympiques. Très académique, toutefois, même si on apprécie l’audace de la musique de Vangelis, qui a plutôt bien vieilli.
L’argument : 1924, deux athlètes britanniques triomphent aux Jeux Olympiques de Paris. Cette brillante victoire va plus loin que le simple exploit sportif. Le plus important dans ce triomphe, ce sont les raisons profondes qui les ont mené l’un et l’autre sur les chemins de la victoire. Harold Abrahams est juif et court pour combattre l’adversité qu’il a vécu à l’université de Cambridge. Eric Lidell est écossais, fils d’un missionnaire en Chine, qui court pour la gloire de Dieu. Le film suit leurs vies dans les années qui les ont menées aux Jeux Olympiques.

Notre avis : Machine à Oscar (il en a gagné 4, Meilleur Film, scénario, musique et costumes), Les Chariots de feu connut un gros succès aux USA (55M$), où il resta au sommet pendant 3 semaines, mettant un terme à la domination des Aventuriers de l’arche perdue de Spielberg. Toutefois, il ne suscita qu’une curiosité modeste en France (à peine plus de 300.000 entrées, en 1981) avant de devenir culte, le temps et le célèbre thème de Vangelis aidant. On peut comprendre la tiédeur des Français de l’époque, face à ce monument d’académisme. Devant ce biopic somme toute classique, on restera nous aussi très partagés. Beaucoup d’idées traversent le film, comme une critique du conservatisme et de l’antisémitisme du début des années 20 en Angleterre. Les thèmes politiques, historiques et religieux sont évoqués, plus que traités. Mais le biopic sur les deux athlètes Harold Abraham (de confession juive) et Eric Liddell (un Écossais à l’éducation chrétienne prononcée), qui repartirent médaillés des Jeux Olympiques de Paris en 1924, n’arrive pas à se surpasser et à devenir autre chose qu’un tire-larme collectif ou un feel-good movie sur le dépassement de soi et l’utilisation du sport et de ses valeurs universelles pour se frayer une place dans une société intrinsèquement intolérante (la peinture du Cambridge de l’époque est à ce sujet peu glorieuse). Les acteurs se cherchent et se trouvent dans des regards appuyés, dirigés sans grande force par Hugh Hudson dont c’était le premier film. Issu du documentaire et de la publicité, le Britannique se laisse un peu distancer par la musique électronique de Vangelis qui vole la vedette aux images et au script de Colin Welland, qui sortait victorieux du Yanks de John Schlesinger. Trois ans plus tard, Hudson allait retrouver une toute dernière fois le succès avec son deuxième essai, Greystoke, la légende de Tarzan et révéler un certain Christophe Lambert à la terre entière. Mais c’en était déjà fini pour les Oscar où il fut boudé... Pauvre Hugh.

LE BLU-RAY
Après deux éditions DVD en 10 ans, Les Chariots de feu continue de fasciner avec une édition spéciale proposée en magasin à l’occasion des JO de Londres. Truffée de suppléments.
Les suppléments :
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Un digibook, un livret collector, un blu-ray en combo avec un DVD... La Fox a fait de la ressortie des Chariots de feu, un véritable évènement. Les nombreux bonus le confirment :
L’histoire des Jeux Olympiques de 1924, à Paris (27’) - un module conséquent sur la résurrection des JO à Paris, alors, qu’après la première guerre mondiale, ils étaient plutôt mal partis. Très bon module.
David Puttnam : un champion du cinéma (25’) - interview de différents protagonistes qui ont croisé sur leur route le nabab britannique David Puttnam, producteur des Chariots, mais aussi de Local hero, Mission et Midnight Express. Un document d’autant plus pertinent que le principal intéressé a été lui aussi convié...
Hugh Hudson : 14’ sur sa carrière - retour sur l’oeuvre du réalisateur de Greystoke et Révolution, qui nous présente lui-même son parcours qu’il a démarré dans le documentaire. On pourra regretter qu’il n’évoque pratiquement jamais l’après Chariots de feu.
Making-of (27’) - encore un moment de cinéma pertinent
Les retrouvailles (18’) - producteur, acteurs, réalisateur, directeur de la photo... se retrouvent pour évoquer cette expérience unique dans leur carrière
Les scènes supplémentaires (9’46) - rien d’essentiel, mais au moins elles sont parfaitement regardables. On imagine qu’elles ont été coupées pour des raisons de rythme, le film étant déjà long de 2h00.
Bande-annonce
Commentaire audio du réalisateur (non testé)
L’image :
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Si elle marque un réel progrès par rapport à l’édition DVD avec quelques beaux moments, des plans d’ensemble vastes qui gagnent en profondeur, une recrudescence des couleurs, plus vives mais subtiles, Les Chariots de Feu ne s’approche pas totalement des canons de la HD des productions contemporaines, ni de l’excellence de la restauration de certains classiques.
Le son :
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Le 5.1 DTS HD Master Audio donne encore plus de puissance au score de Vangelis, alors que les voix de la VO sont un petit peu diffuses. Les voix de la VF qui n’est qu’en DTS 5.1, sont un cran au-dessus. Doublage agréable.
On notera la présence d’une piste détachée du score de Vangelis pour les mélomanes qui souhaitent entendre les envolées synthétiques dans un son pur, sans aucune retenue.
