Durée : 1h29mn
Titre original : Jaws : the revenge
D’un premier degré confondant de bêtise, ce dernier volet de la saga du squale géant s’abîme dans les profondeurs de la nullité par la faute du script le plus crétin de l’histoire du cinéma.
L’argument : Ellen, la femme du chef Brody, décide de suivre son fils aux Caraïbes, un spécialiste de la faune sous-marine. Malheureusement, un grand requin blanc va encore semer la terreur. Cette fois, Ellen va surmonter ses peurs, et montrer au monstre de quel bois elle se chauffe.
Notre avis : Après l’énorme déception que représentait Les dents de la mer 3D, film concept plombé par des effets visuels foireux et un scénario aux abonnés absents, il aurait été plus sage de déclarer forfait et de laisser la saga du requin blanc sans descendance. Toutefois, le dieu dollar ayant parlé, les producteurs ont à nouveau commandé une énième suite au succès initial de Steven Spielberg. Après le naufrage causé par le novice Joe Alves sur le troisième opus, Joseph Sargent se charge de produire et de réaliser ce nouvel épisode. Le cinéaste n’en n’est pas à son coup d’essai puisqu’il a déjà à son actif quelques séries B efficaces comme Les pirates du métro (1974) ou encore un film de guerre tout à fait correct (Mac Arthur, le général rebelle en 1977). Il est également réputé pour avoir tourné de nombreux téléfilms à succès (plus d’une trentaine depuis l’échec de Jaws 4, toujours à ce jour son dernier long-métrage pour le cinéma).

Soyons d’ailleurs tout à fait juste, si Les dents de la mer 4 atteint les abysses de la nullité, le réalisateur n’est pas le seul fautif. Il fait notamment ce qu’il peut pour mettre en valeur le script le plus stupide de l’histoire du cinéma. Jugez plutôt : le descendant du requin entrevu dans le premier film poursuit la famille de Roy Scheider comme s’il était doué de raison. Non content de nous faire gober une intrigue complètement aberrante, les scénaristes ont décidé de situer l’action dans des eaux où, en principe, aucun requin blanc ne vient jamais. Sans doute conscient du potentiel très mince d’un tel pitch, le cinéaste multiplie les scènes intimistes au sein de la famille Brody et oublie de réaliser un film angoissant. Inepte dans sa partie pseudo-psychologique, Les dents de la mer 4 ne se tire pas beaucoup mieux des séquences mettant en scène le requin assoiffé de vengeance. Aucune tension n’est palpable à l’approche de l’animal et ceci même si les effets spéciaux sont nettement meilleurs que dans les autres opus.

Perdus au milieu de ce naufrage, les acteurs font ce qu’ils peuvent pour ne pas être ridicules (Michael Caine cabotine un maximum pour justifier son chèque). Pire encore, les dernières minutes multiplient à foison les incohérences, tandis que le happy end final (notamment le retour à la vie providentiel de quelques personnages) achève, s’il en était besoin, de massacrer un quatrième chapitre sonnant le glas d’une saga dont on ne sauvera décidément que le formidable premier numéro.
