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Les diamants sont éternels - la critique + le test blu-ray

Tout ce qui brille n’est pas d’or

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- Sortie du coffret Bond 50 : 26 septembre 2012

Ce dernier James Bond officiel avec Sean Connery s’oriente davantage vers la comédie parodique et vers l’action farfelue. Le scénario ne tient malheureusement pas toutes ses promesses. Divertissant, sans plus.

L’argument : James Bond se lance à la recherche d’un trafiquant de diamants, à Amsterdam, et se retrouve face au terrifiant Blofeld. Ce dernier est en passe de finir la construction d’un gigantesque laser d’une puissance terrifiante, à l’aide de tous les diamants qu’il a rassemblés, pour détruire Washington.

Notre avis : Dans une mauvaise passe depuis la déception commerciale du sixième James Bond avec George Lazenby (le pourtant excellent Au service secret de sa majesté), les producteurs Harry Saltzman et Albert Broccoli se demandent comment rebondir en ce début des années 70. Ils décident donc de séduire un peu plus le public américain en faisant appel cette fois-ci à un scénariste hollywoodien, Tom Mankiewicz, et en situant une grande partie de l’intrigue principale entre Los Angeles et Las Vegas. Afin d’être rassurés sur le potentiel commercial du film, ils font appel à Guy Hamilton qui a permis l’explosion du mythe Bond en tournant le troisième opus, le formidable Goldfinger. Ils rappellent également la chanteuse Shirley Bassey afin d’enrober de ses vocalises la chanson du générique et finissent par proposer à Sean Connery un contrat en or que la star ne pouvait pas refuser. Exit donc John Gavin, un temps envisagé pour incarner le célèbre espion, et retour aux fondamentaux pour un épisode qui, pourtant, se rapproche davantage des futurs avatars de la série que des classiques des années 60.
A partir d’une histoire très alambiquée qui débute par un simple trafic de diamants pour se terminer par une menace d’ordre planétaire, Les diamants sont éternels (1971) montre une volonté des producteurs de séduire le plus large public possible en multipliant les péripéties absurdes, en plongeant la tête la première dans un kitsch assumé, le tout enrobé d’un humour pas toujours léger. Le ton est donc donné pour l’ensemble des films qui seront interprétés par Roger Moore. On n’est plus ici dans de l’espionnage traditionnel, mais bien dans une fantaisie colorée qui ne se prend jamais vraiment au sérieux. Pour preuve, les cascades de plus en plus surréalistes s’enchaînent, ponctuées par des insinuations de plus en plus suggestives de la part d’un James Bond se souciant peu des conséquences de ses actes.
Si la première heure du film a du mal à convaincre à cause de personnages assez insipides (la palme revient au couple de tueurs homosexuels, véritable cliché sur patte qui ne provoque que le ricanement), la seconde partie retrouve un peu plus de peps, notamment grâce à une action soutenue et une peinture assez amusante du magnat Howard Hugues, au demeurant grand ami du producteur Albert Broccoli. Très jolie, Jill St John n’arrive pas vraiment à égaler les précédentes James Bond girls, tandis que Charles Gray n’est assurément pas la meilleure incarnation de Blofeld. Très amusant et divertissant, Les diamants sont éternels n’est donc pas l’épisode le plus marquant de la saga. Il a toutefois permis aux producteurs de retrouver les cimes du box-office mondial avec plus de 116 millions de dollars de recettes dans le monde pour une mise de départ de 7 millions. En France, le film efface en partie la déconvenue du Lazenby, mais ne retrouve que partiellement le public des premiers épisodes en glanant 2 493 739 spectateurs contre près de 5 millions pour chaque opus des années 60.


Le blu-ray
Copie de toute beauté et bonus exemplaires sont au programme d’une galette parfaite.

Les suppléments :

Voici un résumé du contenu dantesque de ce disque en tout point remarquable :
- Commentaires audio du réalisateur Guy Hamilton et de l’équipe du film
- Les coulisses du film est un making of d’une demi-heure qui revient sans langue de bois sur toute la conception de ce nouvel épisode. On n’y cache ni les tensions, ni les erreurs du tournage qu’il a fallu corriger au montage. Bref, vous saurez tout ce qu’il convient de savoir sur ce long-métrage.
- Cubby Broccoli : l’éminence grise de Bond est un documentaire de 40mn qui revient sur l’ensemble de la carrière d’Albert Broccoli. De sa naissance en passant par ses histoires de famille, tous les thèmes sont abordés de manière chronologique avec un beau souci d’exhaustivité.
- 7mn de scènes inédites ou alternatives dont certaines sont anecdotiques, tandis que d’autres expliquent certaines ellipses narratives du film.
- Leçon de combat rapproché ou comment les acteurs se préparent au combat.
- Sean Connery 1971 : Interview de la BBC qui nous montre durant 5mn un Sean Connery mature et décidé à mener sa carrière de manière intelligente. Il y affirme déjà ne plus vouloir tourner de James Bond.
- Scènes multi-angles
- Essai du satellite
- Tests d’explosion
- Attaque de la plateforme ou comment on apprend que la bataille finale vue dans le long-métrage comprend de nombreuses séquences de répétitions.
- Bandes-annonces
- Archives cinéma
- Bond à la télévision
- Bond à la radio
- Galerie de photos

Image :

Encore une fois absolument parfaite, l’image de cet épisode est resplendissante et donne toute la mesure de ce que peut proposer la haute définition de nos jours. C’est bien simple, on croirait que le film a été tourné hier.

Son :

La version originale en 5.1 DTS HD Master Audio est parfaitement bien équilibrée, même si l’on regrette peut-être une certaine discrétion du caisson de basses et des arrières, sauf lors de l’attaque finale, plus pétaradante. La version française est également de très bonne qualité.

Virgile Dumez




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