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Les disparus (Aparecidos) - la critique

Terre à taire

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- Durée : 1h46mn

Etrange mélange entre film d’horreur classique et métaphore politique, Aparecidos ne tient pas toutes ses promesses, mais contient suffisamment de fulgurances pour attirer notre attention.

L’argument : Malena et Pablo, une soeur et un frère qui voyagent en Argentine, découvrent un journal intime qui décrit des crimes commis vingt ans auparavant. Cette même nuit, une famille est assassinée selon les détails du journal. Malena et Pablo tentent de faire la part entre le réel et l’imaginaire...

Notre avis : Le premier long métrage de Paco Cabezas est particulièrement déstabilisant de par la complexité de son scénario, mêlant inextricablement règles classiques du film d’horreur et volonté de créer une oeuvre ambitieuse et cathartique. Les premières séquences présentant les différents personnages sont plutôt maladroites et laissent augurer un spectacle de piètre qualité. Mal définis, les protagonistes ne semblent être que des pantins à la merci d’un réalisateur doté d’un évident sens de la mise en scène et de l’image. Malgré cette mise en bouche peu concluante, Paco Cabezas parvient à nous intriguer avec cette complexe histoire de réminiscence, d’autant qu’il fait intervenir des éléments surnaturels particulièrement frappants - la scène dans le snack, modèle d’efficacité, reste longtemps en mémoire après la projection. Mais le film prend toute son ampleur lorsque se dessine sous nos yeux une métaphore politique particulièrement pertinente et bouleversante. Le titre même dévoile alors son double sens, à savoir un jeu de mot à partir de desaparecidos, nom donné aux Argentins ayant disparus durant la terrible dictature de 1976 à 1983.
Dès lors, Aparecidos révèle son but premier : faire apparaître au grand jour les crimes abominables qui ont été commis durant cette triste période. Faisant surgir l’horrible vérité au sein d’une famille très banale, Paco Cabezas fait le procès du XXème siècle et de ses horreurs qui n’épargnèrent personne. Il signe ainsi une oeuvre profonde sur la nécessaire transmission de l’histoire afin que les jeunes générations ne reproduisent pas les mêmes erreurs que leurs aînés. Mais au lieu de clore son premier opus sur une note optimiste, le cinéaste termine sur un ton franchement amer : le discours final, plein de promesses pour l’avenir, est ainsi prononcé le 10 septembre 2001, le jour suivant ouvrant malheureusement le bal d’un XXIème siècle aussi peu respectueux de la vie humaine que son prédécesseur. La dernière séquence, maladroitement amenée, est à la fois superbe et un peu trop mélodramatique pour pleinement convaincre, mais Aparecidos demeure une première tentative ambitieuse, parfois maladroite, mais non dépourvue de fulgurances.

Virgile Dumez


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